Ces erreurs à ne pas faire en tournage s’adressent plus aux réalisateurs qui réalisent et produisent leur film qu’aux techniciens.

Erreur n° 1 : Ne pas avoir tout checké la veille

Même certains professionnels font cette erreur par excès de confiance et pourtant, il faut impérativement tout vérifier  :

  • Est-ce que tout le monde a eu toutes les infos ?
  • Est-ce que tout le matériel est prêt ? (N’oubliez aucun détail, jusqu’à la petite vis du trépied par exemple, ou les piles pour l’enregistreur !)
  • Est-ce que toutes les contraintes ont été identifiées et réglées ? Elles ne doivent pas être envisagées seulement la veille mais quelques jours en amont. La veille, tout doit être réglé.

Erreur n° 2 : Ne pas avoir de vrai poste

C’est le meilleur moyen pour que ce soit la pagaille.
Pour mon premier tournage il y a 10 ans, en théorie on avait tous un poste, mais on n’avait attribué de responsabilité à personne. Du coup c’était le « foutoir » : tout le monde voulait donner son avis sur tout, on avançait très lentement dans une mauvaise ambiance.

Lorsque tout le monde veut donner son avis sur tout, il y a forcément des conflits d’ego.

En plus, si tout le monde est (en théorie) responsable de tout, en pratique personne n’est vraiment responsable de rien. Tout le monde va installer et ranger le matériel « à sa manière » ne pas le mettre au même endroit. Il va forcément y avoir des pertes de pièces (surtout les petites pièces, les cartes, les vis, les laserman, etc.)

Le programme, s’il y en a un, ne va pas être respecté. On va oublier certains plans, les raccords ne seront pas respectés, la régie pas approvisionnée, les batteries pas rechargées… J’en passe, et des meilleures !

Vous l’avez compris, sans une distribution précise et organisée des responsabilités, vous augmentez le risques : risques d’imprévus, d’avancer plus lentement, de faire des erreurs, et qu’il y ait une mauvaise ambiance sur le tournage…

Erreur n° 3 : Ne pas faire de découpage technique

C’est une erreur de débutant. Ne pas faire de DT écrit sur papier avec un tableau, ça peut poser problème, mais ne pas faire de DT du tout (ne serait-ce que dans sa tête), c’est une énorme erreur.

Sans DT, votre tournage sera désorganisé. Vous risquez d’oublier des plans et de biaiser votre réalisation : vous allez passer pour un amateur devant les techniciens et les acteurs.

Certains me diront : « Si je veux tourner un petit truc vite fait entre copains, est-ce que je suis obligé de faire un DT ? ».
Peut-être pas, mais dans ce cas il ne faut pas s’attendre à obtenir autre chose qu’un « petit truc vite fait ». Même avec un DT, on peut improviser tout en ayant des bases solides pour que ce ne soit pas la pagaille.

Erreur n° 4 : Ne pas vérifier son dérush et ne pas faire de backup 

Mea culpa, j’avoue l’avoir fait il y a quelques mois.

On était en tournage sur un documentaire, j’étais le seul technicien : j’étais au cadre, au backup… J’ai sauvegardé mes rushs avant de retourner filmer pendant que mes rushs se faisaient, sans les vérifier. J’ai fait mon backup sur mes rushs non-vérifiés, j’avais un double backup, mais le transfert s’est mal fait et il me manquait des rushs.

Il arrive très rarement qu’un transfert se fasse mal, mais le jour où cela arrive, c’est énervant. Ne faites pas la même erreur que moi : vérifiez d’abord que votre premier backup est bien fait, avant de faire un double backup. Même avec ce double backup, il arrive aussi qu’un disque dur ne marche plus et on est bien content d’avoir cette sauvegarde.

Ce sont des choses importantes : techniquement, si vous travaillez dans la vidéo vous devrez régulièrement faire face à des imprévus. Si vous respectez le process de vérifier vos rushs et d’avoir un double backup, il n’y a aucune chance que ce problème vous arrive !

Erreur n° 5 : Mal se comporter

Cela concerne autant les réalisateurs que les techniciens !

Petite histoire : lorsque j’ai créé ma société, je faisais souvent travailler quelqu’un. Cette personne était super compétente techniquement et elle connaissait son métier. Par contre, en terme de savoir-être, elle rouspétait dès qu’on tournait trop , elle se plaignait, se moquait des clients. C’était un ami (et ça l’est toujours) mais c’était vraiment désagréable de travailler avec lui. Je passais des mauvais moments, il rechignait à aller à la tâche… Petit à petit, j’ai espacé nos collaborations, parce que je n’aimais pas travailler avec lui. J’ai fait travailler d’autres personnes, parce qu’il y a beaucoup de personnes compétentes au final. En revanche, des personnes compétentes, qui savent « prendre sur elles » en cas de difficultés, qui gardent le sourire et ont une énergie positive, il n’y en a pas tant que ça !

Un tournage, c’est fatigant, quelquefois mal ou pas payé du tout, il y a souvent des imprévus, du retard et parfois le tournage est mal organisé… Se plaindre n’améliore pas les choses, ça met juste une mauvaise ambiance ! Ceux qui ont un peu d’expérience sont forcément tombés sur des tournages mal organisés, en se demandant ce qu’ils faisaient là. Dans tous les cas, une fois qu’on s’est engagé, il faut aller jusqu’au bout et savoir faire preuve d’un peu de bienveillance…

Bien sûr, s’il vous arrive de travailler 11 heures d’affilée avec seulement un pauvre sandwich pain de mie-jambon dans le ventre et qu’en plus on vous parle mal, il peut y avoir jurisprudence 😉

Dans tous les cas, même si quelque chose ne vous convient pas, je vous invite à en parler discrètement en envisageant des solutions parce que le savoir-être est quelque chose d’extrêmement important !