Bonjour à tous !

Après l’article sur la lumière au cinéma voici un nouvel article de Thibault sur les bases de l’éclairage.

1 – Le rôle de l’éclairage

Sans lumière, pas d’image. Tout comme la composition, la lumière guide le regard du spectateur en hiérarchisant l’image, avec bien entendu des degrés de subtilité. Si vous éclairez une partie de l’image, 99,9% des spectateurs la regarderont. Rares sont ceux qui prennent le contre-pied en se disant : « Il éclaire là, alors je ne regarde pas exprès car ce qu’il veut mettre en avant n’est pas ce qu’il met réellement au premier plan ». Pensez en priorité à être efficace.

Si la lumière directe a une grande importance, il faut aussi et absolument prendre en considération les ombres projetées et en particulier les zones qui restent dans l’ombre. « Pourquoi ne sont-elles pas éclairées ? » est une question que vous devez vous poser.

2 – Les différents types de lumière

2-1 – La lumière dure

Elle provient d’une source ponctuelle, c’est-à-dire qu’elle peut être assimilée à un point au regard de l’échelle du sujet. Cette lumière est généralement produite par un projecteur de type Fresnel.

Voici les caractéristiques d’une lumière dure :

  • Elle est très contrastée, autrement dit les écarts entre les hautes et basses lumières sont importants ;
  • Le sujet est nettement détouré, ce qui a pour effet de produire des ombres très denses.

Une lumière dure est directionnelle. Il est possible de deviner d’où provient la source et surtout il n’y a pas (ou peu) de dégradés (zone intermédiaire) entre la zone de lumière et la zone d’ombre.

Exemple de lumière dure

© Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene .

 

Exemple de lumière dure

© L’Heure suprême de Frank Borzage

 

Exemple de lumière dure

© Les Temps modernes de Charlie Chaplin

2-2 La lumière diffuse (douce)

Contrairement à la lumière dure, la source doit être de taille plus importante que le sujet. Ainsi, ce n’est pas uniquement une partie du sujet qui est « arrosée » mais le sujet dans son entier, voire une partie de son environnement.

Par conséquent, les ombres sont rares et peu denses. Le contraste est diminué, d’où cette sensation de douceur. Cette lumière de fill-in (remplissage) sert soit à briser les ombres d’une source ponctuelle (les déboucher) soit à baigner la scène pour une ambiance plus agréable.

Pour faire en sorte qu’une source soit relativement diffuse, vous avez trois solutions :

  • utiliser un luminaire qui a une surface d’éclairage uniforme (boite à lumière) ;
  • placer un diffuseur de lumière sur les volets de votre projecteur. Il en existe de plusieurs sortes (white, frost, spu, grid cloth, silk) que vous choisirez selon les besoins du film ;
  • éclairer en lumière réfléchie en orientant votre projecteur vers une surface plus ou moins réfléchissante.

N.B. Nous considérerons ces techniques dans un prochaine article.

Bien entendu, les utilisations de ces deux types de lumière ainsi que leurs dérivées sont multiples. Elles n’ont que votre imagination comme limite !

La lumière diffuse

© http://lachamade4.unblog.fr/tag/enfants/page/3/

 

3 – Les directions de l’éclairage

3-1 – Lumière frontale

La lumière éclaire le sujet par le haut, ce qui crée des ombres qui sont relativement courtes mais très denses. Les imperfections du visage sont gommées car celui-ci est éclairé sans pour autant être détaillé. Le principal avantage est sans doute le fait qu’un petit point lumineux se crée dans l’oeil, ce qui intensifie le regard.

Dans certaines productions, il n’est pas rare que l’on place une source au-dessus de la caméra, de sorte que le sujet ait ce type de lumière et ses bénéfices. Vous aurez compris que c’est l’éclairage type des stars hollywoodiennes qui l’exigent pour masquer la fatigue ou les excès en tous genres. Ou tout simplement l’âge.

Lumière frontale

© Ingrid Bergman

 

3-2 – Lumière de face

La source est placée très près de l’objectif comme, par exemple, les flashes des appareils amateurs ou les éclairages annulaires. Comme la lumière est face au sujet, les perspectives sont écrasées tout en donnant un teint laiteux au personnage.

3-3 – Lumière à 45°

Cette position recréée plus ou moins approximativement l’angle d’incidence de la lumière du soleil. Le visage est alors très détaillé et l’on peut apprécier (ou déprécier) sa structure. Ayez à l’esprit que votre lumière sera différente selon que vous placiez la source à droite ou à gauche du sujet…

Lumière à 45 degrés

© Peter Mensah dans 300, de Zack Snyder

 

3-4 – Lumière latérale

Comme vous pouvez le deviner, la source vient de côté. Votre intuition vous souffle aussi que le contraste sera très important entre la zone éclairée et la zone d’ombre. En pratique, on ajoute souvent une petite source pour déboucher les ombres. Le cas échéant, la perception du spectateur sera troublée. Cela peut être délibéré, bien entendu.

Lumière latérale exemple 1

© Le changeur et sa femme, Quentin Metsys

 

Lumière latérale exemple 2

© Gaspard Ulliel dans Hannibal Lecter, les origines du mal, de Peter Webber

 

Si la source n’est pas perpendiculaire au sujet tout en étant quand même sur le côté (par exemple, à 45°), ce côté sera très détaillé et l’on pourra en apprécier la structure.

3-5 – Le contre-jour

Le sujet se trouve entre la source et la caméra. Pour éviter qu’il y ait une surexposition massive, on fait en sorte que le sujet masque l’image directe de la source.

Contre jour

© Orange Mécanique, Stanley Kubrick

 

3-6 – Eclairage par dessous

Lorsque la source est au-dessous de l’axe du visage du personnage, les zones naturellement ombrées en-dessous des parties saillantes (arcade, nez) deviennent éclairées. L’effet est saisissant, le personnage semble surnaturel et très inquiétant.

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