Introduction

 

Bonjour à tous , aujourd’hui nous vous proposons un article qui sera le premier d’une série consacrée aux dialogues

« Toute une époque ! » disait Bernard Blier sous la plume de Michel Audiard dans LES TONTONS FLINGUEURS, LE film référence en matière de dialogues. Le dialogue représente toute une époque, et surtout celle des débuts du cinéma parlant, une époque ou les scénaristes s’apparentaient plus à des dialoguistes.

Souvenez- vous des répliques étincelantes de GUITRY, du réalisme poétique de PREVERT, des fulgurances d’AURENCHE et BOST, ou de l’humour ravageur d’Henri Jeanson… A ceci, n’oublions surtout pas le langage inventé par un « certain » MICHEL AUDIARD, dialogues qui n’appartiennent qu’à lui et que parlerons à jamais les GABIN, BLIER, VENTURA et compagnie…

Elevé au rang d’Art majeur, le dialogue est vite tombé de son piédestal … En effet, on dit souvent que la science du dialogue a disparu. Faux ! Le langage évolue, celui du cinéma suit. Les dialogues ont suivi plusieurs périodes correspondantes à des cycles de Cinéma.

Le cinéma évolue, le dialogue aussi. L’heure n’est plus aux mots d’auteurs et aux dialogues trop visiblement ciselés, mais à un langage plus naturaliste. Les styles changent aussi, la mise en scène devient plus explicite, plus visuelle.

Aujourd’hui, le dialogue est pensé en fonction des situations et non l’inverse.

Les grandes avancées du Cinéma sont autant une affaire de mots que d’images… Et cela commence en 1929 avec l’arrivée du Parlant. L’histoire du dialogue est riche de périodes clés, composées de particularités linguistiques et culturelles.

Le cinéma, c’est de la manipulation d’émotions , ce que les personnages se disent et comment ils le disent participent à l’identification qu’on se fait ainsi que nos attentes.

Le dialogue est un art d’écrire. Un mauvais dialogue peut-il gâcher une bonne mise en scène ? A l’inverse, un bon dialogue peut-il sauver un mauvais scénario ? Comment intégrer les dialogues dans le scénario ? Comment les utiliser… ? Autant de questions, qui situent le dialogue en équilibre dans le  processus créatif.

Quand le dialogue est bon, chaque mot est un moyen de comprendre plus facilement l’univers du metteur en scène, il est aussi la vitrine du film, son identité immédiate. Par ailleurs, on constate actuellement, avec l’essor des bandes annonces, le dialogue canalise l’essence du film en quelques mots, le présente en une formule concentrée , sorte de pitch rapide et concis offert aux spectateurs les plus fainéants.  Configurée ainsi, le dialogue détient le même pouvoir qu’un proverbe ou qu’une formule de one man show avec sa part de facilité et/ ou de mensonge…

Une phrase célèbre de FRANCIS VEBER résume bien la place du dialogue dans le scénario : « il est la cerise sur le gâteau, mais il faut faire le gâteau avant…. »

Le dialogue célèbre contribue très vite au culte de l’acteur lui-même, bien plus souvent seul à l’affiche qu’autrefois.  Les années 80 voient l’avènement de mastodontes du grand écran, avec en tête de liste, ARNOLD SCHWARZENEGGER.  Avec ce colosse, on a droit à des répliques culte. Qui ne se souvient pas de l’affrontement final de PREDATOR lorsque l’autrichien musclé lâche son célèbre « You’re one ugly motherfucker », soit dans un français mal traduit mais fidèle dans le ton : « T’a pas une gueule de porte-bonheur… »

Autre exemple dans le même sens, BRUCE WILLIS dans DIE HARD avec son « Yippee-ki-yay, motherfucker ». Là, les traducteurs ne se foulent pas trop puisqu’ils traduisent littéralement la même en chose en français, et on obtient une réplique culte.

Le dialogue est un artifice à double tranchant, un exercice de style périlleux et précaire entre ce que disent les personnages et ce que l’histoire doit expliquer. Dans cette série d’articles, je vais essayer de dresser un petit historique des dialogues au file des années….

 

Petites Perles

Je vous propose un petit jeu. Voici 10 dialogues, à vous de trouver les films dont ils sont tirés…Réponses au prochain article.

1 – « La dernière fois que j’ai pénétré une femme, c’était la statue de la liberté ! »

2 – « J’adore ces ambiances d’ANPE, c’est convivial, c’est chaleureux, et puis c’est agréable d’être humilié de temps en temps. »

3 – « Ils ne se parlaient pas, ils s’approchaient. Vers l’aurore, ils s’atteignirent. »

4 – « Je suis heureux de constater que tu es malades, ça ne se voit guère. Mais tu es menteur, et ça se voit beaucoup ! »

5 – « Je peins les choses qui sont cachées derrière les choses. Pour moi, un nageur, c’est déjà un noyé… »

6 – « Si on se tait, on ne risque rien, on es tranquille. On peut même paraitre intelligent. »

7 – « J’ai la tête encombrée de souvenirs encombrants. »

8 – « Ma tante rejetait le Bible, elle disait que le personnage central était invraisemblable . »

9 –«  Tais-toi quand je t’interlocute ! »

10 – « Jeanson peut écrire dans les chiottes… et d’ailleurs ça se sent toujours un peu ! »

Jean-Claude, le rédacteur scénario

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