Apprendre le cinéma http://apprendre-le-cinema.fr Les techniques du cinéma et de la vidéo Thu, 15 Jun 2017 15:17:55 +0000 fr-FR hourly 1 http://apprendre-le-cinema.fr/wp-content/uploads/2015/01/cropped-logo-romain-e1421106134871-32x32.png Apprendre le cinéma http://apprendre-le-cinema.fr 32 32 Les cours de cinéma http://apprendre-le-cinema.fr/les-cours-de-cinema/ http://apprendre-le-cinema.fr/les-cours-de-cinema/#comments Fri, 05 May 2017 15:30:27 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7069 Cet article Les cours de cinéma est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Suivre des cours de cinéma  (quelque que soit la forme) est indispensable si vous rêvez d’y faire carrière. Voilà pourquoi nous vous livrons ci-dessous 4 options pour suivre des cours de cinéma :

  • Les écoles privées
  • Les BTS publics
  • Le choix d’être autodidacte
  • Les formations en ligne

Découvrez ci-dessous, pour chacune de ces options, ce qu’il vous faut absolument savoir avant de vous y engager !

Suivre des cours de cinéma : les écoles privées

 

Dans le privé, le coût annuel des cours de cinéma varie entre 6 000 et 10 000 euros l’année et il faut souvent compter minimum 2 à 3 ans de cursus.

Comme vous le voyez, étudier le cinéma dans une école privée est onéreux. C’est sans compter qu’il faudra travailler sans relâche. Cependant, vous aurez l’avantage d’utiliser des outils et du matériel professionnel en théorie, visitez bien les écoles). Vous aurez donc déjà une certaine expérience pratique de vrai tournage et ça c’est important.

Mais avant, vous devez correctement choisir votre école de cinéma. Toutes offrent une formation convenable, mais il est préférable d’opter pour une école reconnue en France et à l’étranger. Cela augmentera nettement vos chances de trouver un stage ou un emploi à la fin de la formation.

Vous l’aurez compris le choix de l’école est un investissement onéreux, en théorie qualitatif, mais qui demandera un certain investissement personnel pour tirer au maximum les ressources de ces dernières (à 21 000 euros la formation autant les rentabiliser ^^).

Pour avoir parlé à de nombreux amis qui ont fait ce genre d’école, je dirais à la louche que le nombre de personnes qui se professionnalise dans l’audiovisuel  est entre 30 et 40 %

Si vous voulez en apprendre davantage sur les écoles privées de formation en France, lisez donc l’article Cinéma : quelles écoles privées ?

Suivre des cours de cinéma : les BTS publics

 

Si vous êtes titulaire d’un bac, vous pouvez vous inscrire pour 2 ans de cours de cinéma dans plusieurs BTS publiques. 5 options sont proposées :

  1. Les métiers de l’image
  2. Les métiers du son
  3. Le montage et la postproduction
  4. Les techniques d’ingénierie et d’exploitation des équipements
  5. La gestion de la production

Ces formations courtes de 2 ans sont gratuites et excellentes pour s’imprégner des réalités de l’art cinématographique. Cependant, elles sont en partie théoriques (moins que l’université), à moins que vous ne choisissiez le BTS en alternance mais les deux extrêmement sélective

Soyez donc prudent dans le choix de votre école de BTS public. Pensez à vous renseigner particulièrement sur le matériel dont l’école dispose, et sur la possibilité de prêt aux élèves.

Ensuite, il faudra vous entraîner vous-même, acquérir un matériel de base dont vous pourriez vous servir pour mettre les cours en pratique. Une autre idée est d’effectuer des stages pendant les vacances dans une entreprise de production afin d’en savoir davantage.

Néanmoins cela reste un très bon choix qui est assez professionnalisant. A noter que les BTS sont d’excellentes préparations pour les grandes écoles type Louis Lumière et la FEMIS .

De plus étant des formations publiques, vous sortez avec un niveau Bac +2 et pouvez aller directement dans un L3 cinéma pro ou générale et ensuite continuer sur un master.

En revanche, je crois qu’il est difficile d’intégrer un BTS audiovisuel une fois que vous avez passé les 26 ans (à confirmer) De plus, il semblerait aussi qu’il soit difficile d’intégrer certains établissement en ayant plus de 21 ans, dans tous les cas n’hésitez pas à vous renseignez en amont auprès des établissements concernés afin d’être sûr des modalités d’inscription.

Suivre des cours de cinéma : le choix d’être autodidacte

 

Saviez-vous que Steven Spielberg, le célèbre réalisateur américain, n’a pas suivi de cours de cinéma dans une grande école ? Steven Spielberg est un autodidacte de la réalisation cinématographique, il s’est entièrement formé lui-même.

Son exemple prouve clairement qu’il est possible de s’auto-former pour certains métiers du cinéma, en l’occurrence la réalisation et la postproduction.

Après le contexte n’est plus vraiment le même et pour y arriver, il vous faudra une grande détermination, du sacrifice, de la patience et de la discipline. Il n’est pas facile de s’asseoir plusieurs heures par jour pour lire des livres sur le cinéma…

Et il y a aussi le côté pratique à ne pas oublier ! Vous devrez vous trouver du matériel pour appliquer ce que vous apprenez en commençant par de petites réalisations dans votre entourage et petit à petit aller sur des tournages plus ambitieux et professionnels.

Vous trouverez de très bons ouvrages sur Amazon par exemple, et des milliers de tutoriels vidéo sur YouTube. Vous pouvez par exemple visiter notre chaîne YouTube.

Inscrivez-vous dans une bibliothèque pour emprunter des livres ou des brochures intéressantes. Prévoyez également un moment dans votre emploi du temps pour visionner des films à succès. On apprend beaucoup en regardant les grands classiques, et ils vous seront d’une réelle utilité.

Suivre des cours de cinéma : les formations en ligne

 

Très proche de l’option précédente, suivre les cours de cinéma en ligne vous permettra essentiellement de gagner du temps et d’aller plus vite qu’avec l’option d’auto-apprentissage.

En effet, la formation est déjà organisée et disponible en vidéo ou en document à consulter sur une plateforme.  Les vidéos sont généralement accessibles à vie et le contenue est beaucoup plus simple à assimiler qu’un livre.  Enfin le ou les formateurs sont généralement disponibles pour répondre aux questions et donner des conseils.

Mais comme dans le cas d’une formation autodidacte, il faudra être son propre professeur de pratique. Vous devrez donc acheter du matériel, ou alors en louer dès que le besoin se fera sentir.

Pour le prix nous sommes entre 200 et 1000 euros en fonction de la formation ou des options que vous prenez.

Voilà, j’espère que cet article vous aura aidé. C’est le genre d’article que j’aurais aimé lire avant de faire mon choix d’études post bac.

Avez-vous déjà suivi des cours de cinéma dans une école, ou avez-vous fait l’option de vous auto-former ? Quels sont les obstacles ou les difficultés rencontrées ? Merci de les partager et de donner votre avis ici, ça aidera surement les personnes qui hésitent dans le choix de la formation.

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Faire un clip vidéo http://apprendre-le-cinema.fr/faire-clip-video/ http://apprendre-le-cinema.fr/faire-clip-video/#comments Thu, 20 Apr 2017 14:36:37 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7277 Cet article Faire un clip vidéo est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Vous aurez certainement à réaliser un clip vidéo au cours de votre carrière cinématographique. C’est une mission qui exige d’avoir un bon planning, mais elle est plus simple à exécuter qu’un tournage de film. Pour la mener à bien, vous devez vous concentrer sur 2 aspects : le visuel du clip et le scénario.

Le visuel du clip vidéo

La qualité du visuel d’un clip vidéo est l’un des facteurs essentiels de succès de ce dernier. Remarquez, il suffit que vous regardiez à nouveau Thriller de Michael Jackson dont la première édition date de 1983 pour vous en faire une idée.

Cela dit, réussir le visuel d’un clip vidéo revient à offrir une excellente qualité d’images. Voici les 4 points essentiels sur lesquels il faudra travailler.

1. La luminosité

Les outils dont vous aurez besoin pour créer et gérer la lumière artificielle sont les lampes de type LED, les projecteurs, les réflecteurs et les diffuseurs. Ils peuvent aussi bien être utilisés pour tourner de jour comme de nuit, en intérieur ou en extérieur.

Voici comment vous pourrez former un éclairage idéal avec 3 sources de lumière.

  • Positionnez la source de lumière la plus puissante (un gros projecteur PAR de préférence) sur un axe formant un angle de 45° avec le sujet à filmer et la caméra
  • Positionnez la seconde source de lumière (une mandarine par exemple) à 45° à l’opposé de la première source de lumière
  • Positionnez la 3e source de lumière (une lampe ou un petit projecteur) derrière le sujet

Pour gérer les ombres, employez un Cinefoil, un drapeau ou un diffuseur. Les filtres vous aideront à supprimer les imperfections des visages et à jouer sur la teinte de peau des comédiens.

Dans le cas où vous vous servirez de la lumière naturelle, tournez au lever ou au coucher du soleil. En ces moments, les rayons sont diffus et plus doux, et avec des réflecteurs, vous pouvez créer des effets magnifiques de lumière sur vos comédiens.

2. Les décors

Le choix des décors dépend essentiellement de l’histoire que content les acteurs du clip vidéo. Prenez avant tout connaissance de la musique, écoutez-la soigneusement et notez tout ce qu’elle évoque en vous comme idées de décor. Prenez aussi le temps de visualiser :

  • des films uniques comme ceux de la Saga Star Wars ou la série Game of Throne,

(il ne s’agit là que d’exemple il y a bien d’autres clips ou films qui peuvent être une source d’inspiration pour vos décors, tout comme des photos ou peintures, etc.)

Afin de trouver l’inspiration pour les décors de scène.

Si certains lieux peuvent également être des sources d’inspiration (montagnes, cascades), n’hésitez pas à vous y rendre. Constituez ensuite une maquette de ces premières ébauches.

Vous les confirmerez en effectuant un repérage avec le régisseur général de l’équipe de tournage.

3. Le montage

  • Le clip Full-Realistic. C’est le modèle standard de clip, celui qui privilégie le rendu naturel et les éléments de la nature : l’eau, le vent, les montagnes, etc.
  • Le clip FX-Realistic. Ce type de clip vidéo reprend le rendu naturel du Full-Realistic, avec une petite dose d’effets spéciaux. Un bon exemple est I can only imagine de David Guetta, Chris Brown et Lil Wayne.
  • Le clip Full-Graphic. Cette variante comprend des effets graphiques semblables aux dessins ou aux tableaux de peinture. Pour exemple vous avez Bye Bye Macadam de Rone.

le clip Full-3D. Ce clip vidéo comprend en grande majorité des plans en 3D, comme dans un film. Exemple : Reminder de moderat (clip réalisé par Matt Steinforth)

4. Les effets spéciaux

Le compositing est la technique qui consiste à insérer des effets spéciaux dans le clip vidéo. Il en existe plusieurs : les flashs, les tremblements d’images, l’animation de logo, le rajout de lumière, etc. Pour les réaliser, il vous faudra employer au moins l’un des logiciels de compositing ci-dessous :

  • After Effects d’Adobe
  • Flame par Autodesk
  • Motion par Apple
  • Etc.

Le scénario d’un clip

La majorité des clips actuels ne durent que 3 minutes et demie en moyenne et sont une succession d’éléments artistiques (chorégraphie, jeux d’artistes). Mais pour réaliser un clip vidéo professionnel qui va créer le buzz, il vous faut adopter l’une des 3 options ci-dessous.

  1. Le scénario simple qui est en rapport direct avec les paroles. C’est une mise en scène standard qui sert simplement à visualiser le texte qui est chanté, pour exemple : Je danse le mia de IAM

2. Un scénario qui met en scène l’artiste ou le groupe d’artistes en train de jouer dans un univers atypique et stylé, un peu comme dans le clip de Battles – Atlas :

3. Le scénario film. Il s’agit d’une histoire montée et mise en scène tout au long de la musique. Par exemple le clip très récent de The Blaze – Territory . Certains en viennent même à faire des clips documentaires comme le groupe Odezenne avec  par exemple le titre Novembre.

Dans le cas particulier du scénario film, le style adopté est généralement celui de la métaphore, qui consiste à désigner une chose par une autre qui lui est proche. Mais vous pouvez aussi monter une fiction. Tout dépend de l’histoire et des faits auxquels la thématique du chant se rapporte.

Exemples : le clip Thriller de Michael Jackson est une fiction. Par contre, Papaoutai de Stromae est un clip vidéo métaphorique.

 

Parfois un simple concept suffit pour faire le « buzz », par exemple le clip Drop de Pharcyde réalisé par Spike Jonze. Dans ce clip les rappeurs ne sont pas spécialement dans un univers atypique mais tout se joue sur la synchronisation entre la bande sonore et une vidéo montée à l’envers.

À noter qu’on peut facilement aussi mettre l’accent sur la danse, comme cela est présent dans les clips de Michael Jackson, dans Papapoutai de Stromae et plus récemment plusieurs clips de Sia (et bien d’autres, il ne s’agit là que d’exemples).

Discutez avec l’artiste ou le groupe d’artistes pour choisir le scénario que vous adopterez. Vous devrez l’écrire dans les moindres détails afin qu’aucun plan ou aucune séquence ne soit omis sur le site du tournage. Ensuite, vous devrez :

  • Etablir un story board qui va retracer du début à la fin les séquences du tournage avec les modèles de prise de vue
  • Faire la liste du matériel indispensable pour la mise en scène du scénario (matériel technique, matériel de lumière et matériel de décors)
  • Faire la liste des techniciens dont vous aurez besoin
  • Organiser un casting si nécessaire pour recruter des comédiens ou des acteurs
  • Procéder au repérage du site ou des sites de tournage (si ce n’est pas en studio)
  • Planifier le tournage

Avant le tournage sur le terrain, prévoyez une période de répétitions du scénario avec le ou les artistes et les comédiens. Celles-ci peuvent durer une semaine ou plus, le but étant de gagner du temps une fois sur le terrain, et de permettre à chacun de maîtriser son rôle à la perfection.

Autre chose : faites une check-list des éléments à ne pas oublier pour le tournage : les batteries de rechange et les chargeurs de caméra, les cartes-mémoires et les accessoires de contrôle de lumière, etc.

Voilà, avez-vous déjà réalisé ou participé à la réalisation des clips vidéo ? Si oui, merci de partager votre expérience avec nous dans les commentaires ci-dessous !

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Quel avenir pour le crowdfunding ? (partie 7) http://apprendre-le-cinema.fr/quel-avenir-pour-le-crowdfunding-conclusion-partie-7/ http://apprendre-le-cinema.fr/quel-avenir-pour-le-crowdfunding-conclusion-partie-7/#respond Fri, 10 Mar 2017 11:16:43 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7183 Cet article Quel avenir pour le crowdfunding ? (partie 7) est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Notre dossier sur le crowdfunding (financement participatif), rédigé par Etienne Lunet, spécialiste en crowdfunding et production, touche à sa fin. Nous arrivons donc à la conclusion de cette série d’article.

Si vous n’avez pas consulter les articles précédents à ce sujet, il n’est pas trop tard 🙂 :

1- Le crowdfunding
2- Bien réussir sa campagne
3- Les limites du crowdfunding – 
4- Le court-métrage et le clip dans l’audiovisuel participatif 
5- La websérie et le financement participatif
6 –  Le format long et le financement participatif

Quel avenir pour le crowdfunding ?

Au sein de cette série d’articles, la base du crowdfunding a été explorée, avec ses différents sites et les chiffres les accompagnant, mais également le visage juridique du phénomène, ainsi que ses limites. Il a ensuite été question de la place de l’audiovisuel dans le crowdfunding, en partant des formats courts, pour finir par le long format. À travers ce compte rendu, nous avons abordé les différents cercles communautaires mettant en avant l’importance d’Internet et des réseaux sociaux lors d’une campagne de financement par le public.

Le crowdfunding est un mode de financement à part entière car il donne la possibilité à n’importe qui d’exposer ses idées, et d’en attendre des contributions si elles plaisent. Cependant, dans certains domaines économiques de grande ampleur, tels que le cinéma, il n’y a à ce jour aucune solution qui a été mise en place afin de contenir ce phénomène. L’audiovisuel, notamment le cinéma, est un art complexe, qui nécessite des sommes considérables pour donner de la voix à ses artistes.

Le financement participatif est l’exemple parfait démontrant la puissance d’Internet. Et même s’ils peuvent se montrer comme une vraie force communautaire, les internautes qui se prêtent facilement à la mentalité du don sont encore trop peu. Le crowdfunding est un véritable modèle de notre société actuelle, un environnement connecté permettant de s’ouvrir au monde. En France, les sites de crowdfunding n’ont pas eu la possibilité de mener des projets d’œuvres audiovisuelles professionnelles, demandant des sommes importantes, car la mentalité française est très différente de celle des Etats-Unis. En effet, les internautes français pourraient se sentir offensés qu’une société de production ou une entité importante de l’audiovisuel, qu’ils voient comme ayant un fort pouvoir pécuniaire, puisse demander plusieurs millions d’Euros.

C’est d’ailleurs récemment le cas des artistes JR et Agnès Varda, qui ont fait appel au crowdfunding pour financer un nouveau projet. Le public n’a pas admis qu’un artiste millionnaire puisse faire appel aux internautes pour financer son projet. Pour le moment, le crowdfunding serait donc une option pour permettre aux petits projets d’exister. Pour les projets de grande envergure, l’equity-crowdfunding (ou crowdinvesting) pourrait être une alternative pour être financé par les internautes, qui investiraient alors dans le capital avec un retour sur investissement. L’internaute prendrait directement part au capital de la société de production, celle-ci servant de relai à la production de plusieurs films.

Ce mode de financement basé sur un système financier alternatif, permettrait d’une part la démocratisation du rachat de parts d’une entreprise et, d’autre part, la possibilité pour les sociétés de production de trouver un remède aux difficiles voies d’accès au financement classique.

Ainsi, ce nouveau souffle de financement pourrait devenir une nouvelle source économique pour n’importe quel individu souhaitant avoir un complément de revenus. Cette variante du crowdfuning semble être une véritable solution d’avenir pour l’audiovisuel. Certes, cela demande étude et réflexion car, pour fonctionner, il faut d’abord qu’il soit adopté par les internautes et les sociétés de production. Le crowdinvesting pourrait devenir la suite du financement participatif classique, en passant à un niveau supérieur s’agissant des sommes investies, par la prise de participation à l’économie de marché et aux sociétés de production, des particuliers.

Encore une fois, les Etats-Unis ont une longueur d’avance sur nous, le crowdfunding y est déjà une réelle opportunité pour les films indépendants afin de survivre face aux grands majors de productions. Et l’Amérique commence à se familiariser avec l’equity-crowdfunding, ce qui apportera une nouvelle aura, de nouvelles opportunités et de nouvelles perspectives d’avenir au crowdfunding audiovisuel et cinématographique.

La question que nous pouvons nous poser maintenant est de savoir comment gérer ce nouveau courant, qui avec des bonnes bases d’encadrement, pourrait à terme résoudre bien des problèmes.

N’hésitez pas à partager votre avis avec nous sur ce mode de financement dans les commentaires juste en dessous de l’article 🙂

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Le format long et le financement participatif – Crowdfunding partie 6 http://apprendre-le-cinema.fr/le-format-long-et-le-financement-participatif-crowdfunding-partie-6/ http://apprendre-le-cinema.fr/le-format-long-et-le-financement-participatif-crowdfunding-partie-6/#respond Thu, 02 Mar 2017 17:06:21 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7164 Cet article Le format long et le financement participatif – Crowdfunding partie 6 est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Voici le sixième article de notre dossier sur le crowdfunding, rédigé par Etienne Lunet, spécialiste en crowdfunding et production. Nous faisons donc suite à différents articles :

Le crowdfunding – partie 1
Le crowdfunding partie 2 – Bien réussir sa campagne
Les limites du crowdfunding – Le crowdfunding partie 3
Le court-métrage et le clip dans l »audiovisuel participatif – Le crowdfunding partie 4
La websérie et le financement participatif – Le crowdfunding partie 5

Dans cet avant dernier article sur le sujet, nous nous intéressons au long format audiovisuel qui ont été financé via une campagne de crowdfunding, les différents formats sont :

Le documentaire

En surfant sur Internet, on s’aperçoit très rapidement que le crowdfunding peut servir d’alternative à un manque de moyens de financement. Les collectes peuvent être bien déterminantes pour la survie des projets de documentaires. Elles s’apparentent aussi à un tremplin vers d’autres financements complémentaires, et tout aussi indispensables. CNC, collectivités, institutions publiques… Obtenir le soutien d’un producteur et d’un diffuseur est souvent conditionné par ces différents financements. Cependant, il n’est pas si aisé d’obtenir ces aides, c’est pourquoi un financement de départ par la foule peut donner un coup de pouce au projet. Il peut servir par exemple d’aide au développement renforcé, si le porteur de projet souhaite réaliser un pré-tournage et un pré-montage, en vue d’une bande annonce qui servirait d’appât à gain. Dans ce cas là, si la campagne se passe bien, le projet trouve des soutiens, tant financiers qu’humains, ce qui peut par la suite permettre de trouver de nouveaux financement par des voix plus conventionnelles.

En regardant sur la plate-forme Touscoprod, « l’atelier du crowdfunding audiovisuel » sponsorisé entre autre par le CNC et le Festival de Cannes, on se rend compte que la majeure partie des porteurs de projets de documentaires ne demandent pas plus de 10.000 Euros, ces derniers servant de financement complémentaires. En jetant un œil sur quelques projets, je m’aperçois que ces petites sommes servent soit de coup de pouce pour lancer le projet en amont, soit pour le finaliser. Ainsi, la post-production et l’exploitation du documentaire peuvent trouver mécène sur ce type de plate-forme.

Dans un autre cas de figure, certains porteurs de projet n’hésitent pas à demander de grosses sommes, ceci toujours dans l’espoir de compléter un budget déjà existant. C’est le cas de « Demain » et de « Inocente » respectivement César 2016 du meilleur film documentaire et Oscar 2013 du meilleur court-métrage documentaire. L’un a récolté sur KissKissBankBank 444.390 euros pour une espérance initiale de 200.000 Euros, l’autre 52.527 Dollars en un mois, sur Kickstarter. C’est d’ailleurs le premier film financé exclusivement grâce au modèle participatif. A côté de ça, plus d’un quart du budget de « Demain » a été financé par les internautes, ce qui montre que même les projets récents trouvent encore des contributeurs.

Maintenant la question que nous pouvons nous poser c’est « Est ce que le documentaire trouve plus facilement des contributeurs que le long métrage de fiction ? » Partant du principe qu’il relate une réalité souvent évocatrice, qui serait plus susceptible d’atteindre émotionnellement un potentiel donateurs.

Long-métrage de fiction : fiabilité et risques

Est-il possible aujourd’hui de produire un long métrage uniquement grâce aux fonds d’internautes anonymes ?

Aux États-Unis, où la culture du mécénat est très marquée, les résultats sont éloquents. En 2012, 10% des films présentés au Festival de Sundance ont recueilli des fonds participatifs. On peut notamment citer « Me @ The Zoo » de Chris Moukarbel et Valerie Veatch. En France, les producteurs sont de plus en plus nombreux à intégrer le financement participatif dans leur budget. Par exemple, Michèle Laroque a récolté 400.000 Euros pour son prochain film, « Jeux dangereux ». De même, « Polisse » de Maiween, « Les Infidèles » ou encore le premier film d’Audrey Dana, « Sous les jupes des filles », ont également fait appel à la générosité des internautes.

Cependant, hormis pour les projets de courts-métrages, le crowdfunding n’est pas la seule source de financement. Dès lors, il ne doit pas encore être considéré comme un mode de production à part entière mais comme un apport monétaire de complément. Le long-métrage a ainsi toujours besoin de financements extérieurs provenant de producteurs professionnels ou de subventions. En se rendant sur la page du projet « Homosapiennes » (futur « Sous les jupes des filles ») sur Ulule, on découvre une note du producteur Olivier Delbosc, qui ne se cache pas de faire appel au financement par la foule : «Homosapiennes est produit par Fidélité Films. Le projet sur Ulule est porté par cette maison de production, mais sera aussi animé en direct par différents intervenants de l’équipe artistique et technique. »                                                                                                         

Néanmoins, l’exemple américain montre que les projets participatifs sont davantage sollicités pour des œuvres dites « indépendantes » qui ne reçoivent pas d’avances sur recettes via d’autres biais. De plus, dans ce secteur, il faut relativiser cette révolution économique du crowdfunding et la cantonner à un public de proximité ou de fans.

Dans ce cas, n’y a-t-il pas une dérive possible de faire financer son film par une base de fan ?

S’il n’y a rien d’étonnant à ce que les proches se cotisent via une plate-forme de crowdfunding pour financer le premier court-métrage du cinéaste prodigue de la famille, cela le devient quand la participation des fans est prise comme une sorte de chantage pour se lancer dans la production du film. C’est le cas avec « Veronica Mars : le film ». Au début ce n’était qu’une série télévisée et le studio Warner Bros était réticent à l’idée de l’adapter pour le cinéma. Mais Rob Thomas, le créateur de la série, a alors lancé une campagne crowdfunding. En 31 jours, le projet a récolté 5,7 millions d’euros, convainquant ainsi le studio américain de produire le film. Cette initiative est l’exemple même d’une décadence des bienfaits du financement participatif. Sous le prétexte d’associer les fans à un projet, elle n’est que la conséquence d’une frilosité apparente du producteur à prendre des risques. Pire, la réussite de la collecte de fonds détermine l’existence même du projet. Les fans sont donc obligés de mettre la main au porte-monnaie pour que le projet aboutisse.

Le crowdfunding peut être un moyen habile de profiter de l’altruisme des internautes pour lancer des projets impossibles à financer seul. Pourtant, s’il ne suffit pas en soi de produire des longs métrages, il faut se méfier des dérives des producteurs qui forcent les spectateurs, en plus du ticket de cinéma, à participer en amont au film s’ils souhaitent le voir un jour sur les écrans.

En définitive, je retiens de toutes mes recherches que, pour le moment, le financement participatif n’est pas encore un modèle assez bien encadré pour en arriver à produire entièrement un long-métrage. Le sujet mérite d’être étudié car je pense qu’il y a de belles choses à faire. En revanche, il a été prouvé que l’on peut obtenir de belles sommes pour compléter un budget déjà existant.

Cependant, il est toujours préférable d’avoir plus qu’une simple idée. En filmant une scène, ou une bande annonce, qui montre en quoi notre projet est original et qui donne envie de voir la suite, les porteurs de projet augmenteront leurs chances de lever des fonds.

Dans le prochain et dernier article de notre dossier sur le crowdfunding, nous nous intéresserons à l’avenir possible de ce mode de financement. En attendant, n’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaire sur le fait que des longs métrages fassent eux aussi appel au financement participatif.

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La websérie et le crowdfunding – Crowdfunding (partie 5) http://apprendre-le-cinema.fr/web-serie-crowdfunding-financement-participatif-crowdfunding-partie-5/ http://apprendre-le-cinema.fr/web-serie-crowdfunding-financement-participatif-crowdfunding-partie-5/#respond Thu, 23 Feb 2017 17:23:08 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7156 Cet article La websérie et le crowdfunding – Crowdfunding (partie 5) est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Voici la 5ème partie de notre dossier sur la crowdfunding, écrit par Etienne Lunet, spécialiste en crowdfunding et production. N’hésitez pas à consulter les articles précédents à ce sujet :

Le crowdfunding – partie 1
Le crowdfunding (partie 2) – Bien réussir sa campagne
Le crowdfunding (partie 3) – Les limites du financement participatif
Le crowdfunding (partie 4) – Le court-métrage et le clip
On ne parle pas beaucoup des web-séries de manière générale. Cependant elles existent bien et comptent de grosses communautés. Aujourd’hui, web-série résonne avec crowdfunding, et bon nombre de leurs créateurs font appel aux plates-formes comme Ulule ou Touscoprod pour chercher les financements nécessaires à leur réalisation. Pour évoquer ce format un peu particulier, je prendrai un exemple parlant, celui de ce qu’on pourrait appeler : la plus grosses web série européenne.

Pierre-André Grasseler est l’un des fondateurs de Noob – web-série la plus visionnée en France, ayant battu le record européen de crowdfunding avec un objectif rempli à 1945 %, soit une cagnotte finale de 681 046 Euros pour une espérance initiale de 35 000 Euros, et un panier moyen de 55 Euros.

J’ai eu la chance de le rencontrer lors d’un entretien où il m’a conté cette aventure un peu surréaliste, qui a menée cette grande bande de potes au devant de la scène web française.

L’histoire de cette petite communauté de « geeks », comme ils aiment s’appeler, débute à la fin des années 1990. Pour la plupart, ils sont encore étudiants dans le sud de la France, vers Toulon. Ils occupent alors leurs week-ends à réaliser des épisodes d’une série qu’ils inventent, avec les moyens du bord. Ils sont tous amateurs, autodidactes, et recherchent tout simplement à s’amuser entre amis, tous partageant cette culture du jeu vidéo et des univers d’héroïque fantaisie, inspiré des mangas japonais.

A cette époque, un petit festival de film amateur qui primant le domaine de l’anime/manga existe dans leur région : The Cartoonist. Ce festival rassemble plusieurs communautés de jeunes amateurs, désireux de partager leur passion pour la vidéo, l’humour et l’univers manga.

Plusieurs années après la fin du festival, en 2008, la communauté de No Life propose à l’équipe de Lost Levels (actuel Noob), de réaliser une web-série pour leurs contenus web. Ils ont plus d’expérience, du matériel et des histoires à raconter.

C’est le début de l’aventure Noob.

Au fil du temps, les choses prennent de l’ampleur et, avec le succès grandissant de la série, ils créent une boite de production (Olydri), une boutique en ligne avec toutes sortes de produits dérivés, et une boite d’édition par l’intermédiaire de laquelle ils diffusent des romans, mangas et BD. Ce sont toutes ces choses qui, dans un premiers temps, leur ont permis de fidéliser leur fan base mais également de l’agrandir. Ce sont ces rentrées d’argent qui leur ont permis de financer les premières saisons.

Après 5 ans de contenu gratuit partagé sur Internets et 5 saisons plus tard, l’idée de lancer une campagne de financement participatif émerge dans la tête pensante de ce groupe, Fabien Fournier.

Il en parle alors à quelques personnes de son entourage, le noyau dur du collectif, et décide de lancer une campagne sur le site Ulule, avec un objectif de 35.000 Euros, dans le but de réaliser le premier film Noob.

Pour son créateur, ce film représenterait la finalité de la série après 5 saisons.

On peut comprendre aujourd’hui le succès de ce phénomène à l’allure bien amatrice.

C’est durant les 5 premières saisons que la communauté Noob s’agrandit. Le cœur est constitué de 10 personnes, le groupe de 40 et la communauté d’un nombre toujours plus croissant de fans dévoués et prêts à rendre service, ou même jouer gratuitement dans la série.

Il faut savoir qu’ils ont su se faire aimer. A travers ses vidéos, ses romans et ses bandes dessinées, Fabien Fournier a su déchiffrer les codes pour s’adresser à la génération des 15-35 ans, laquelle ne manque aucun rendez-vous, comme en attestent les deux dates des 10 et 11 janvier 2015 au Grand Rex. 5.900 places vendues en un temps record sur deux dates pour l’avant-première d’un film diffusé gratuitement sur Internet ! A cela, nous pouvons ajouter les 60 jours de festival annuels depuis la création de Noob, avec un stand toujours plein.

L’aboutissement de tous ces efforts est donc la réalisation du premier film Noob. Et c’est dans le but de comprendre l’incroyable succès de leur campagne de financement participatif que j’ai pu poser quelques questions à un des noyau dur de cette communauté : Pierre-André Grasseler.

 

Avant toute chose, voici un petit résumé chiffré de la campagne de Noob sur Ulule :

35 000 Euros en 15 heures, les 66 700 Euros en une journée, les 80 000 Euros en un week-end, les 100 000 Euros en trois jours, 200 000 Euros en 6 jours, 250 000 Euros en 10 jours, 300 000 Euros en 20 jours, 350 000 Euros en 27 jours, 400 000 Euros en 39 jours (Record européen battu), 450 000 Euros en 49 jours, 500 000 Euros en 57 jours, 600 000 Euros en 69 jours, 681 046 Euros en 70 jours.

Source : Libération – Web série mag

 PEUX-TU NOUS PARLER DE VOTRE CAMPAGNE SUR ULULE ? DU DEBUT A LA FIN.

« Une fois la 5ème saison achevée, Fabien avait émis l’idée de faire un crowdfunding pour financer un film qui clôturerait la série. Et du jour au lendemain, sans avertir l’équipe, il avait déjà lancé la campagne.

Au début, il avait mis 35000 Euros, sans espérer les atteindre et nous pensions rajouter le complément. Sauf que tout est allé très vite ! Quand on regarde les chiffres, on s’aperçoit que tout le monde a joué le jeu et, au final, on s’est retrouvés avec plus de 3000 contributeurs. Au bout de 39 jours, nous avions déjà dépassé le record européen, et ça ne s’est pas arrêté là. Du coup, on a dû réagir très vite et tout à long de la campagne on a du créer du contenu pour donner des « news » aux gens et leur expliquer ce que nous comptions faire avec ce succès.

Au bout de 70 jours, la campagne s’est terminée et nous nous sommes retrouvés avec une somme considérable. Nous avions la pression, car on se disait qu’avec un tel succès les gens allaient placer la barre très haute et attendre un film bien produit.

En fin de compte, Fabien nous a expliqué qu’il ne souhaitait pas changer la chaîne de production, pour faire quelque chose de plus professionnel, avec un budget largement supérieur. Dans sa tête, tout était clair. Il voulait non pas faire un film, mais trois, et garder le même état d’esprit que la série. Que ça reste un délire de potes, en assumant l’aspect amateur. Ça avait marché jusque là, pourquoi changer ? »

ET QU’EST CE QUE VOUS AVEZ NÉGOCIÉ AVEC ULULE POUR FAIRE VOTRE CAMPAGNE CHEZ EUX ?

« Le choix du site a vite été pris. Fabien a fait le tour de toutes les plates-formes et Ulule était celle qui lui paraissait la plus claire et la plus honnête. Ce n’est qu’une fois qu’on a compris que la campagne allait remporter un gros succès financier qu’on a commencé à négocier avec eux (il faut savoir que la plupart des sites de crowdfunding prend un pourcentage sur les recettes des campagnes. La plupart du temps, il tourne autour de 8%). Fabien et Alexandre Boucherot (le président et fondateur de Ulule) se sont toujours bien entendus et ont réussi à se mettre d’accord sur certaines décisions financières. Notamment pour cette histoire de pourcentage pour Ulule. Pour notre projet, nous avons ramené la part à 6,5% pour Ulule, au lieu des 8% qu’ils demandent initialement. Nous avons aussi demandé à ce qu’ils modifient leur politique pour tous les projets et que le pourcentage devienne dégressif au bout d’un certain montant. »

COMMENT AVEZ-VOUS INVESTI L’ARGENT RECOLTE SUR ULULE ?

« Dans un premier temps, un pourcentage est parti dans les taxes de l’État. Olydri Studio est passé du statut d’association à Société Anonyme en 2011, du coup les recettes de notre crowdfunding représentent un chiffre d’affaires aux yeux de l’État. Pour ne pas payer trop de taxes d’un coup, nous avons décidé d’établir un système de provisionnement pour répartir sur plusieurs années ce chiffre d’affaires, afin de payer moins de taxes d’un coup.

Ensuite, il y avait cette volonté de faire une trilogie, donc dans un premier temps nous avons bloqué 20% de la somme sur un compte (après paiement des taxes). Par la suite, nous avons investit 45% de ce qu’il restait dans du matériel qui nous servirait sur les 3 films. Et, enfin, le reste a été réparti dans 3 comptes (un pour chaque film).

La campagne sur Ulule à peine terminée, nous avions déjà la volonté d’investir dans du matériel qui servirait pour toute la trilogie. Nous avons pour cela acheté deux caméras Canon, un ronin, un steadycam et un drone, ainsi que du matériel de prise de son. Le reste des sous est parti dans une station de montage, des costumes, la location de certains décors et toutes les dépenses liées à la régie (hébergement, défraiement, transport), tout ça pour produire la trilogie. Ensuite, nous avons aussi créé quelques postes rémunérés (un comptable, un réalisateur pour mettre en scène quand Fabien joue, un « responsable de la logistique » et une costumière).

En fait on s’est pas professionnalisé avec le succès de Ulule, on s’est simplement « désamateuré ».

C’était un choix délibéré que de garder le mode de production amateur que nous appliquons depuis le début. Nous nous sommes juste donnés plus de moyens techniques pour réaliser un meilleur contenu, mais avec nos compétences. Personne n’est payé sur ce projet (sauf les postes cités ci-dessus), tout le monde travaille bénévolement. C’est dans cet esprit d’union et de camaraderie que Fabien voulait faire cette trilogie. Certes, certains acteurs ont reçu des cachets lors du tournage, mais ce n’étaient que des avances sur les ventes des produits dérivés (dont ils touchent un pourcentage). C’était aussi une manière de les motiver ! Pour te donner un autre exemple, nous avons par exemple une maquilleuse professionnelle sur le tournage, nous ne la payons pas mais nous avons passé un accord avec elle : Vu que nous avons des stands dans beaucoup de salons et autres événements, on lui garde une place pour qu’elle puisse montrer son travail et trouver de nouveaux clients. Ceci est un exemple mais c’est dans cet état d’esprit que nous fonctionnons avec l’ensemble de l’équipe.

Il faut dire aussi que ce projet repose sur la communauté et avec nos 3000 contributeurs Ulule, on a acquis un gros réseau qui a pu nous aider pour organiser le tournage. D’ailleurs une autre partie du budget est allée dans les contributions que nous devions aux Ululeurs. »

PARLONS JUSTEMENT DE CE TOURNAGE. VOUS AVEZ LANCE LA PRODUCTION DU PREMIER FILM JUSTE APRES LA CAMPAGNE DE FINANCEMENT ?

« Alors non, on est pas passé en production tout de suite. Il y avait toute la partie de préparation à assurer. Et puis, à part Fabien, tout le monde a un boulot à côté, donc tout ça demande de l’organisation. Une fois le Ulule terminé, on est passé en pré-production avec l’écriture du script final, on a commencé à bosser sur les costumes, Mathieu, le petit frère de Fabien, s’est occupé de toute la logistique et des repérages à travers toute la France. Il y avait aussi les musiques à composer, etc…

Le tournage du premier film a débuté en 2014, et s’est étalé sur presque un an. On tournait 2 semaines dans un lieu, puis on se retrouvait 3, 4, voir 5 mois plus tard pour tourner dans un autre endroit. Le tournage des films s’est beaucoup étalé dans le temps. »

SELON TOI, QUEL IMPACT A EU LA CAMPAGNE ULULE SUR VOTRE PROJET ?

« Dans un premier temps, on a gagné en visibilité. Avant la campagne, nous avions déjà une fan base solide qui s’est agrandie au fil des saisons, mais aussi grâce à nos autres supports Noob (livres, BD, mangas….). En plus de tout ça, le fait d’avoir battu le record européen nous a donné plus de visibilité médiatique, les médias se sont intéressés de près à « cette bande geeks inconnue ». Canal +, TF1, BFM TV et plusieurs journaux papiers ont parlé de nous. Fabien s’est d’ailleurs rendu sur plusieurs plateaux télé. Tout d’un coup, les regards se sont jetés sur nous, les gens se demandaient qui on était, ils nous voyaient comme une bande de geeks sortie de nulle part. On a reçu quelques critiques, notamment du milieu du théâtre qui ne comprenait pas qu’une bande d’amateurs puisse soulever autant d’argent sans avoir d’expérience professionnelle (il n’y a aucun acteur professionnel dans le casting). Après, nous, tout ça, on s’en fou un peu, on a besoin de personne, on a une grosse communauté qui nous suit, les gens peuvent critiquer ça change rien pour nous. »

POUR FINIR ? PEUX-TU NOUS PARLER DE CE QUE CE SUCCES VOUS A DONNE ENVIE DE FAIRE PAR LA SUITE ?

« Nous avons beaucoup de projets car ce succès nous a vraiment donné de l’élan et de la motivation pour créer toujours plus de contenu. Nous allons faire un spin-off de Noob qui s’appellera Noob Reroll. C’est un projet que l’on veut amener de manière beaucoup plus professionnelle que Noob, avec une vraie production, des acteurs professionnels, etc… Pour ça, on pense éventuellement à faire un nouveau crowdfunding et faire appel à des sociétés de production, mais aussi faire des partenariats. Pour le moment, ce ne sont que des idées qui émergent dans nos têtes, mais il n’y a rien de très concret.

Pour conclure sur cet entretien, je pense que le succès de Noob découle du travail considérable qui a été réalisé par ce collectif, depuis 2008. Ils ont su se faire aimer grâce à leur mode de fonctionnement. Les fans prennent directement part au projet, c’est eux qui l’alimentent et le font vivre. Le noyau dur de ce collectif a su créer un vrai esprit d’union au sein de la communauté. Tout le monde y a cru. Je pense qu’en fin de compte, toute cette aventure reste avant tout des bons moments entre amis à faire quelque chose qui leur plaît à tous.

Connaissiez vous la web-série Noob ? Si oui qu’en pensez-vous ? Partagez vos impressions avec nous dans les commentaire 🙂

Dans le prochain article sur le crowdfunding, nous nous intéresserons aux formats long.

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Le court-métrage et le clip dans l’audiovisuel participatif – crowdfunding (partie 4) http://apprendre-le-cinema.fr/les-differents-types-de-projets-de-laudiovisuel-participatif-crowdfunding-partie-4/ http://apprendre-le-cinema.fr/les-differents-types-de-projets-de-laudiovisuel-participatif-crowdfunding-partie-4/#respond Thu, 09 Feb 2017 16:37:33 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7145 Cet article Le court-métrage et le clip dans l’audiovisuel participatif – crowdfunding (partie 4) est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Voici un nouvel article de notre dossier sur le financement participatif, toujours rédigé par Etienne Lunet spécialiste en crowdfunding et production. Si ce n’est pas déjà fait n’hésitez pas à consulter les articles précédents à ce sujet :

Le crowdfunding – partie 1
Le crowdfunding (partie 2) – Bien réussir sa campagne
Le crowdfunding (partie 3) – Les limites du financement participatif

Le format court

 

1. Le court-métrage

Bon nombre de projets audiovisuels font appel aux internautes, soit pour les financer dans leur intégralité, soit pour participer partiellement au financement du film. C’est souvent ce deuxième cas de figure qui ressort. Un créateur de projet ne peut pas prétendre solliciter les internautes pour aider à financer un projet de film s’il n’y contribue pas personnellement. Lors d’un stage j’ai eu l’opportunité de gérer une campagne de financement sur Ulule. La société de production pour laquelle je travaillais cherchait à obtenir 8.000 Euros pour terminer la post-production dun court métrage d’animation qui avait déjà été tourné. Une partie du financement provenait donc de la société de production mais, pour amortir leurs dépenses du projet, la société a décidé de faire appel aux internautes, présentant le film comme étant un concept original. Elle ne s’est pas cachée auprès des internautes, puisque c’est en son nom qu’elle a crée la page du projet sur la plate-forme. Ceci n’a étonné personne qu’une société de production fasse appel au crowdfunding pour financer ce type de projet, alors que c’est son rôle de trouver de l’argent, par d’autres voix. En définitive, le film a atteint son objectif et il a pu se terminer dans de bonnes conditions.

Il faut dire qu’en dehors des prix dans les festivals, le court métrage ne rapporte pas de bénéfices aux sociétés de production. Ces dernières, frileuses de trop investir dans ce format, cherchent à emprunter d’autres voies de financement, moins risquées.

Avec l’émergence des plates-formes spécialisées en courts et longs métrages, l’accès au financement est facilité sans trop prendre de risque. L’émergence de ce type de plate-forme permet aux internautes de participer à l’élaboration d’un film, elle est aussi symptomatique de l’attribution des subventions par des biais plus classiques ainsi que de la nécessité de trouver ce qu’il manque à un budget pour pouvoir terminer et distribuer son film. Touscoprod, plate-forme ayant vu le jour en janvier 2009, fait donc partie de ce type de plate-forme. Spécialisée dans l’audiovisuel, elle met en relation producteurs, réalisateurs et internautes. Les dons permettent notamment aux généreux donateurs de voir leur nom au générique du film, ou de pouvoir assister à une diffusion en avant-première, entre autres. Le tout en fonction de la contribution apportée au projet.

 

Le succès du financement participatif (crowdfunding) tend à donner envie à de jeunes producteurs ou scénaristes de combler les trous de leur budget en récupérant par ce biais les sommes manquantes. Clément Chabault et Jonathan Kluger, respectivement producteur et réalisateur de La nuit je m’ennuie, expliquent pourquoi ils ont décidé de passer au financement participatif.

« Le film était écrit depuis un moment et nous avons investis dans du matériel de tournage numérique. Mais dans un budget de film, il reste aussi les salaires – à hauteur de 60% du budget – la régie et les décors »*1 raconte Clément Chabault. Et le bouche à oreille leur permet d’avancer sur leurs problématiques finances. « Après avoir eu dans notre entourage plusieurs personnes ayant réussi à financer leur projet, nous nous sommes lancés » précise Jonathan Kluger.

Quelques euros à trouver en dehors du schéma classique de financement : aides à la création ou à la production du Centre National du Cinéma et de l’image animée, subventions des chaînes de télévision, ou encore coup de pouce des régions. Le réalisateur poursuit :

« Les financements classiques sont assez aléatoires et l’idée d’un financement via une plate-forme publique nous a convaincus de l’intérêt de fonctionner à l’inverse et de produire le film avec un micro budget pour ensuite assurer son existence ; c’est beaucoup plus facile de convaincre un distributeur avec un produit “clé en main” *1».

De son côté, Davy Chou a un autre avis sur les subventions. Ce cinéaste et producteur a pu produire son documentaire Le sommeil d’or grâce au crowdfunding et à la campagne lancée sur Touscoprod. Le financement en coproduction avec les internautes est arrivé tard dans le projet :

« Nous avons eu de bonnes surprise du côté des financements classiques, ça contredisait ce qu’on entendait souvent. On a couru après les financements un peu pendant toute la période de production du film et si nous venions d’avoir l’accord de l’ Asian cinema fund, nous n’avions pas pu obtenir l’aide à la production de la Région Île de France. On s’est dit : Qu’est ce qu’on fait maintenant ? On ne connaissait pas trop le crowdfunding. Des rencontres et un mail plus tard, nous avions un rendez-vous avec Touscoprod. On s’est dit oui tout de suite ! »*2

Simple comme bonjour, le réalisateur est l’un des projets de Touscoprod ayant été financé en partie par une campagne réussie. De quoi donner des conseils aux nouveaux arrivants sur la plate-forme. Du dépôt du projet à la réussite de la campagne, il reste des incertitudes sur ce qui marche ou ce qui ne marche pas pour faire contribuer les internautes.

*1 Source :  Le crowdfunding : les clés du financement participatif – Adnan Maalaoui & Pierre Conreaux – Paru en juin 2014 Etude (broché)                                                                                                                                     *2 Source : Le Blog documentaire – Cédric Mal

 

2. Le clip

Tout comme le court métrage, on voit de plus en plus de demandes de financement pour des clips musicaux. Cela vient en partie du fait que les maisons de disques sont de plus en plus frileuses pour produire des artistes. L’industrie musicale n’était pas prête lors de la crise du disque, et n’a pas réussie à bien gérer la transition avec le passage au numérique. C’est pourquoi aujourd’hui bon nombre d’artistes se voient contraints de s’auto-produire en vue d’une vraie signature avec un label. Les groupes de musique produisent eux-mêmes leurs maquettes et leurs univers visuels, dans le but d’attirer le plus de fans ; et ce en partageant régulièrement du contenu. Par la suite, les maisons de disques voyant qu’une communauté de fans suit tel ou tel artiste, elles vont pouvoir prendre un engagement. Se sentant en quelque sorte rassurée par cette communauté, elle se dit qu’elle prendra moins de risque à produire un groupe qui a déjà mâché le travail en amont, en ayant eux-mêmes construit leur fan base par la création de contenu auto-produit, plutôt que de devoir tout construire à partir de rien. Pour la petite histoire, le temps fort de l’industrie musicale était dans les années 1990 avec la montée en puissance du compact disc. Les directeurs artistiques des labels avaient une vraie passion pour dénicher des talents venus de nulle part. Ils les façonnaient ainsi pour en faire de vraies machines à tubes. Ils écrivaient l’histoire d’un groupe en prenant part au storytelling du projet. Mais avec le temps cette tendance s’est inversée. Aujourd’hui, les directeurs artistiques attendent que tout leur tombe dans la main et ils ne signent presque plus les projets où tout est à faire. Ils laissent les artistes se débrouiller pour écrire une partie de leur histoire. Et si cette dernière plaît aux fans, alors ils n’hésitent pas à apporter leur financement.

Même s’il reste la web-série, en format court, cet article touche à sa fin. Nous parlerons donc de la web-série dans la prochain article avec une interview  de Pierre-André Grasseler, l’un des fondateurs de Noob – web-série la plus visionnée en France.

En attendant, n’hésitez pas à nous dire dans les commentaires si vous avez déjà réalisé une campagne de crowdfunding pour un clip ou un court-métrage 😉

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Les limites du crowdfunding – Le crowdfunding (partie 3) http://apprendre-le-cinema.fr/limites-crowdfunding-crowdfunding-partie-3/ http://apprendre-le-cinema.fr/limites-crowdfunding-crowdfunding-partie-3/#comments Thu, 02 Feb 2017 15:43:22 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7119 Cet article Les limites du crowdfunding – Le crowdfunding (partie 3) est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Voici la torisème partie de notre dossier sur le crowdfunding (financement participatif), rédigé par Etienne Lunet (spécialiste en crowdfunding et production). Ici nous nous intéressons aux limites du crowdfunding (financement participatif).
Cet article fait donc suite à deux autres :

Le crowdfunding – partie 1
Le crowdfunding (partie 2) – Bien réussir sa campagne

Il y a 5 ans, le financement participatif était en plein essor. Bon nombre de nouvelles plates-formes apparaissaient sur la toile, toutes aussi novatrices les unes que les autres. D’aucuns voyaient ici un modèle révolutionnaire où tout était faire. Depuis, ce système a évolué pour laisser place à une multitude de possibilités financières, à travers plusieurs types de modèles (voir A – les 2 grandes familles de plates-formes). Cependant, aujourd’hui, financer un projet ne suscite plus le même engouement qu’il y a cinq ans. Les « Ah, comme c’est intéressant ! » ont laissé place aux « Encore ! ». Quand les campagnes se succèdent dans notre entourage, on aurait presque tendance à faire passer nos amis pour des spammeurs.

1. L’essoufflement du crowdfunding

 

Les plates-formes de crowdfunding assurent pourtant qu’il ne faut pas tout mélanger : solliciter des amis pour le cagnotte d’un anniversaire, ce n’est pas la même chose que de participer au financement d’une œuvre ou d’une coopérative de quartier. L’histoire des jeans 1083 (1083 kilomètres étant la distance de la diagonale la plus longue de France), ressort souvent : L’entreprise a lancé un appel aux dons, promettant d’offrir à ceux qui participaient au financement un jean fabriqué à moins de 1083 kilomètres de chez eux.

Mis à part ce type de projet, où il existe une sorte de « donnant-donnant » entre le porteur du projet et le contributeur, du point de vue de celui qui mettra la main au porte-feuille, ce n’est pas la même chose. Certes, ce n’est jamais très plaisant de demander de l’argent à ses proches. Mais certains peuvent apprécier participer à la création d’un beau projet, leur donnant ainsi l’impression de participer à une aventure atypique. D’aucuns diraient que, plutôt que du harcèlement, ils peuvent s’offrir une seconde vie. Un entrepreneuriat par procuration.

Marc de la Ménardière, producteur et réalisateur du film En Quête de Sens, a été l’un des premiers à organiser une campagne de crowdfunding pour un film. En 2013, il avait demandé un montant de 12000 Euros et a obtenu 39000 Euros sur la plate-forme spécialisée dans l’audiovisuel Touscoprod.

Les gens voyaient alors quelque chose de spontané et d’intéressant dans cette démarche. Aujourd’hui, il lance un autre projet de documentaire, financé par les internautes et, malgré le succès du premier film, il n’a récolté « que » 16275 Euros sur les 10000 Euros demandés.

Peut- être l’idée de participer à une grande aventure fonctionne les premières fois, mais la motivation peut s’estomper avec la quantité de mails et de messages sur les réseaux sociaux, qui relaient pléthore de grande aventure par semaine. La banalisation de la démarche succède à l’enchantement des premiers temps.

Lorsque l’on regarde l’état actuel des choses, on se rend compte qu’aujourd’hui les projets qui s’en sortent le mieux sont le plus souvent ceux dont le lancement est soutenu par des professionnels de la visibilité. Selon Matthias Lavaux, spécialiste de l’économie collaborative, les projets qui fonctionnent sont soit des produits de consommation, où le don avec contrepartie devient une sorte de pré-achat, soit des projets engagés qui mobilisent des communautés.

Du côté des contreparties, le contributeur reçoit quelque chose en échange de sa participation. Cependant, ce quelque chose peut s’avérer inutile ou difficile à atteindre (exemple : un panier de fruit en Poitou Charentes alors qu’on habite Paris*).

C’est pour cela que l’intérêt du financement participatif est de réussir à atteindre d’autres communautés que celles côtoyées par le créateur. Mais comme cela requière un savoir faire que le créateur n’a pas forcément, il va se tourner vers son cercle pour chercher le financement.

Certains projets génèrent beaucoup de plaisir à donner, une fierté d’appartenir à un élan collectif. Mais, parfois, le monde n’est pas bien fait. Ce ne sont pas forcément les projets pour lesquels les proches sollicitent le créateur. Se sentir obligé de donner inhibe le désir de donner librement, de bon cœur.

En définitive l’arrivée de la « crowdfuning fatigue » ne tient sûrement pas tant au nombre de sollicitations abusives, qu’au nombre de fois où on donne pour de mauvaises raisons.

 

Source : Libération : Le « crowdfunding » français forcé de se renouveler pour éviter l’essoufflement – Gaëlle Picut

*Source : Bulb in Town – Mémoire Fruitière Des Charentes

2. Le Crowdfunding : Un système de plus en plus encadré

 

D’un point de vue juridique, lorsque le phénomène a débarqué en France, le législateur ne disposait pas d’une réglementation établie pour régir cette nouvelle voie de financement, obligeant les acteurs développer leur activité dans une « zone grise » où le droit commun trouvait une application bancale.

Par conséquent, le financement participatif n’était ni légal, ni illégal. Ce n’est que le 30 mai 2014, qu’il a été pris en compte par la législation française.

Cependant le partage du risque est un domaine qui doit être contrôlé par l’État, particulièrement lorsqu’il s’agit de Crowdinvesting (rattaché aux plates-formes spéculatives).

Il faut savoir que le Crowdfunding fonctionne sur deux modèles économiques :

  • Le principe du « tout ou rien » (ou Threshold Pledge System) : C’est seulement dans le cas de la réussite de la collecte (le montant objectivé a été atteint) que les fonds peuvent être reversés au porteur de projet. Par la suite, les frais de commission d’intermédiation entre le projet et les contributeurs et les frais de transactions bancaires représentent la totalité de la quote-part qui sera prélevée sur chaque levée de fonds (environ 3% à 10% de la collecte).
  • Le principe du « tout pour tous » : Que le projet ait atteint ou non l’objectif fixé, les plates-formes versent les dons collectés.

Aujourd’hui 54% des plates-formes fonctionnent sur le principe du « tout ou rien » et 24% sur le principe du « tout pour tous » (les 22% restants englobant l’aspect spéculatif de certaines plates-formes). Ce dernier modèle pose évidemment la question de la sécurité des investissements des contributeurs en cas d’échec.

 

C’est donc le 30 mai 2014, que le label du financement participatif régulé par les autorités françaises a été mis en place afin de poser un cadre juridique précis pour cette activité.
Ce dernier est encadré par un règlement d’usage et inscrit au registre des marques de l’INPI.
Il définit deux statuts : celui d’Intermédiaire en Financement (IFP) Participatif et celui de Conseiller en Investissements Participatifs (CIP). L’IFP couvre les dons et les prêts tandis que le CIP concerne les investissements au capital des entreprises.

En utilisant cette marque, les plates-formes informent le public qu’elles respectent les exigences fixées par la réglementation française.

Ce nouveau label peut être utilisé par tout professionnel immatriculé à l’ORIAS (organisme parapublic placé sous la tutelle de la Direction Générale du Trésor), qui a pour mission d’assumer le recensement et l’enregistrement des plates-formes de financement participatif.

Les plates-formes, obligatoirement basées en France, doivent respecter des conditions statuaires (honorabilité, capacité professionnelle des dirigeants) et organisationnelles (mentions, informations, mises en garde, tout cela sur le site web).

Depuis décembre 2015, le nombre de plates-formes s’est stabilisé. L’ORIAS dénombrait alors 31 plates-formes  de crowdequity, disposant du statut de CIP, 58 plates-formes de crowdlending disposant du statut d’IFP.

Source : Sacrée planète N°61 – Elisa Granpas

 

Dans le prochain article sur le crowdfunding (financement participatif) nous nous intéresserons aux différents projets de l’audiovisuel participatif.
En attendant, n’hésitez pas à nous dire dans les commentaires ce que vous pensez des contreparties en générale proposées, si vous avez déjà été contributeur ou encore le type de contreparties que vous avez proposé si vous-même avez été à l’origine d’un projet de financement participatif.

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Le crowdfunding (partie 2) – Bien réussir sa campagne http://apprendre-le-cinema.fr/crowdfunding-partie-2-bien-reussir-campagne/ http://apprendre-le-cinema.fr/crowdfunding-partie-2-bien-reussir-campagne/#respond Fri, 27 Jan 2017 16:57:43 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7110 Cet article Le crowdfunding (partie 2) – Bien réussir sa campagne est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Voici le deuxième article faisant partie de la série qui s’intéresse au crowdfunding, ici vous trouverez des pistes pour réussir votre campagne. Bonne lecture 😉

Pour lire le premier article c’est par ici

Au cours de ce début d’année 2016, j’ai eu l’occasion de monter ma propre campagne de crowdfunding pour un projet personnel: Paris Parallèles. Avec des amis, nous avions pour ambition de réaliser une vidéo de 5 minutes, entre fiction et documentaire. Pour ce faire nous avions besoin d’un minimum de budget. Étant chargé de l’aspect production, je leur ai proposé de passer par la plate-forme Ulule pour récolter les fonds nécessaires à la concrétisation de notre projet. Notre but étant de partager cette vidéo sur Internet, nous n’avions aucune ambition de rétribution personnelle quant à la diffusion de la vidéo. Je me suis alors fait la réflexion que nous pourrions proposer des petites contreparties en échange des dons. Cela a fonctionné puisqu’en un mois et demi nous avions récolté 2405 Euros, sur un objectif initial de 2300 Euros. Après déduction des 8% de commission de Ulule (pourcentage dégressif après un certain seuil), nous avons reçu 2213 Euros et, d’après mon estimation, nous avions besoin d’un minimum de 2000 Euros pour produire notre vidéo sans devoir la financer personnellement.

Je vais donc vous exposer ici quelques conseils que j’ai retenus lors de la préparation de notre campagne, ainsi que pendant son déroulement.

 

1 – La présentation

Une campagne se prépare minutieusement, il faut être sûr de savoir comment présenter votre projet aux internautes.

Il s’agit en premier lieu de créer un visuel pour accompagner le projet et l’utiliser comme illustration de présentation.

Ensuite, il faut montrer en quoi consiste le projet, constituer une ébauche de synopsis pour le présenter dans ses grandes lignes. Il est aussi bon de parler de ses intentions : Pourquoi ce projet ? Quel est le but ? A qui s’adresse-t-il ? Comment le réaliser ? Evoquer les choix artistiques…

Pour cela, il est recommandé de faire un « mood board » ou une vidéo de présentation, décrivant le projet dans son ensemble. Les images sont parlantes, elles ont un impact beaucoup plus fort qu’un texte.

Puis, vient la présentation de l’équipe, les initiateurs du projet mais aussi toutes les personnes qui y participeront. Il est important que le public prenne connaissance des personnes qu’il soutient et finance.

 

2 – Le budget

L’objectif est de pousser les futurs contributeurs à contribuer substantiellement. Il est préférable d’être transparent s’agissant de l’aspect financier. Pour cela, il faut expliquer pourquoi les créateurs ont besoin de cette somme, comment les fonds collectés seront dépensés, tout ceci avec beaucoup de description, afin d’instaurer un esprit de « grande famille ».

Le budget doit être réaliste et proportionnel à la communauté que les créateurs pensent pouvoir fédérer autour du projet.

 

3 – Les contreparties

Il ne faut surtout pas oublier la promesse de contreparties faite aux donateurs, ce qui représente un coût.

Rien ne doit être laissé au hasard. Il faut bien réfléchir aux contreparties qui seront « offertes » et à partir de quel montant les contributeurs ont le droit à tel ou tel « cadeau ».

Elles doivent être à la fois originales, créatives, exclusives, généreuses et proportionnelles à l’engagement du contributeur.

Les contreparties sont non seulement un moyen d’attirer les contributions, mais aussi et surtout de les augmenter. En effet, si le contributeur pensait donner 25 Euros, mais que la contrepartie à 35 Euros est plus intéressante, il sera tenté d’augmenter son budget.

 

4 – La durée de la campagne

Il faut savoir que ce n’est pas parce que la campagne sera plus longue que l’objectif de 100% sera atteint. En effet, plus les projets sont long plus les potentiels contributeurs se diront qu’ils disposent de temps pour donner, le risque étant qu’ils ne reviennent jamais. Le but d’une campagne est de garder un rythme soutenu afin de bannir, ou du moins diminuer les effets de procrastination.

 

5 – La communication

À qui s’adresser : Les trois cercles du financement participatif :

 

En premier lieu il faut communiquer au maximum à son entourage quelques semaines avant le lancement de la             campagne.

Ensuite, quelques jours après l’avoir lancé, demander à ce dernier de communiquer auprès de son propre entourage.

Et enfin, en parallèle, il est nécessaire de communiquer sur les réseaux sociaux.

Avant :

Il est crucial de communiquer bien en amont de la campagne sur le projet. Il sera quasiment impossible de réussir le crowdfunding si les créateurs n’ont pas commencé à créer leur communauté. Pour cela il ne faut pas hésiter à utiliser l’ensemble des outils de communication actuels, en particulier les réseaux sociaux.

 

Pendant :

Durant la campagne il est nécessaire de communiquer régulièrement. Sur toutes les plates-formes il est possible de créer des « news » adressées directement aux contributeurs, qui aideront à faire parler du projet. Ensuite les réseaux sociaux seront les meilleurs amis des créateurs pour en attirer de nouveaux. 90% du financement provient de ces sites, tels que Facebook (50% de l’accès sur Ulule se fait par ce site). Les médias classiques sont peu intéressants pour ce genre de démarche. En effet, ils s’adressent surtout au grand public, celui-ci étant difficile à convaincre puisqu’il ne connaît pas les créateurs du projet.

 

Après :

Il ne faut pas que les contributeurs se sentent délaissés une fois l’objectif atteint. C’est pourquoi il est important de les tenir informés de l’avancement du projet, des actions entamées, de l’envoi des contreparties… Ils seront le meilleur relai de communication sur le projet. Cela peut être fait via les réseaux sociaux, l’onglet actualité de la page ou tout simplement via un emailing.

Source : Vox – Ulule

Dans le prochain article nous nous intéresserons aux limites du crowdfunding.

Avez-vous déjà fait une campagne de crowdfunding ? Comment cela s’est-il passé ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaire.

 

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Le crowdfunding (financement participatif) – Partie 1 http://apprendre-le-cinema.fr/le-crowdfunding-ou-financement-participatif-partie-1/ http://apprendre-le-cinema.fr/le-crowdfunding-ou-financement-participatif-partie-1/#comments Thu, 19 Jan 2017 15:59:24 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=7080 Cet article Le crowdfunding (financement participatif) – Partie 1 est apparu en premier sur Apprendre le cinéma.

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Vous recherchez des financements pour votre court-métrage ? Vous ne savez pas vraiment comment vous y prendre ? Nous avons décidé de partager avec vous plusieurs articles écrit par Etienne Lunet, spécialiste en crowdfunding et production, sur un mode de financement qui a permis à déjà beaucoup de projet de se développer : le crowdfunding ou financement participatif.

Avant d’aller plus loin, sachez que cet série d’articles, analyse de façon assez précise ce mode de financement.
Si vous vous intéressez surtout à la pratique je vous invite à aller directement consulter l’article : les clés pour bien réussir sa campagne, qui sera le deuxième article de cette série d’articles.

Avant toute chose, rappelons donc certains faits passés similaires au sujet traité (un peu d’histoire ne fait jamais de mal :))

Le crowdfunding n’est pas né avec Internet

Quand les barcelonais de  l’association des dévots de Saint-Joseph souhaitèrent installer leur établissement religieux, ils rachetèrent les terrains grâce à l’aumône et se rassemblèrent pour financer le début des travaux. Plus de 130 ans après, la construction de la Sagrada Famillia n’est toujours pas achevée et reste encore financée par les visiteurs.

En France, la campagne de promotion pour le financement de la Statue de la Liberté débuta à l’automne 1875. La collecte des fonds se fit avec les moyens de l’époque : articles dans la presse, spectacles, banquets, taxations publiques, loterie, mais surtout grâce aux dons de milliers de particuliers. Le nombre de 100 000 souscripteurs privés fut annoncé ; et dès la fin de l’année 1875, les fonds rassemblés s’élevaient déjà à 400 000 Francs.

Permettre à des amateurs de participer à des projets artistiques, de devenir acteur de ces projets, d’avoir un lien privilégié avec les artistes, n’est pas si récent que ça, de même que la possibilité de souscrire, de financer en amont.

Ariane Mnouchkine le faisait sous forme de souscriptions bien avant l’invention d’Internet.

Cette scénariste, réalisatrice et metteur en scène a fondé le Théâtre du Soleil en 1964. Ce théâtre était présenté comme une coopération de travailleurs dans un esprit communautaire. Quelques-uns de principes régissant le fonctionnement de la compagnie ont marqué les esprits : même salaire pour tous, maquillage en public, soupe servie aux spectateurs, Ariane déchire elle-même les tickets au contrôle de l’entrée.

Source : Crowdfunding, les clefs pour réussir

 

La première campagne de financement s’est fait à la radio

Shadows de John Cassavetes, premier prix du cinéma indépendant.

 

Le premier film de John Cassavetes fut produit de façon totalement improvisée… par une collecte de fonds, lancée dans l’émission de radio Night People diffusée à 1h00 du matin, un soir de 1958. Le réalisateur, alors invité à l’émission, lança le slogan « Financez un film qui vous ressemble ». Cassavetes avança qu’il était tout à fait possible de faire un film de manière totalement libre, sans les contraintes commerciales imposées par les studios, si chaque auditeur de l’émission lui envoyait un dollar. Le lendemain, il reçu deux mille billets de un dollar et se retrouva derrière la caméra pour filmer des improvisations. Durant quatre mois, Cassavetes tourna des scènes autour de la vie d’une famille afro-américaine à New-York.

Il dira par la suite : « Je croyais tenir un outil magique pour filmer des impressions ; de ce que sont les gens plutôt que leur vie intérieure ».
Source : Ciné Club de Caen

Plus anciens encore, rappelés par la plate-forme Kickstarter, Mozart, Beethoven, Walt Whitman ou encore Mark Twain ont eu recours à des aides financières fournies par des communautés d’individus désireux de les aider à poursuivre leur œuvre.

Tous ces exemples font offices d’antécédents à l’explosion du financement participatif dans sa version actuelle. Ici ce qui diffère c’est l’utilisation du web. Par la suite, avec l’avènement d’Internet, le financement participatif est devenu en quelques années un phénomène planétaire quantifiable par le volume de financement octroyé par le public.

Aujourd’hui bon nombre de plates-formes offrent des services divers et variés, ouverts à tous. Toute personne désireuse de vouloir concrétiser un projet nécessitant un financement peut faire appel au public.

Récemment, l’exemple le plus frappant est la dernière campagne de Barack Obama aux Etats-Unis. Financée par le grand public à hauteur de 150 Millions de dollars, elle représente un événement unique au monde, car ce ne sont pas que de riches industriels qui ont porté la victoire de leur candidat, mais des centaines de milliers de citoyens, qui ont en moyenne donné 80 dollars sur Internet, pour porter le premier afro-américain à la tête des États-Unis.
Source chiffres : Kiss kiss bank bank

Aujourd’hui, la machine est en marche, la vague du changement continue à déferler avec plus de 500 plates-formes à travers le monde ; et de belles histoires s’écrivent grâce au rapprochement et à la démultiplication de l’initiative individuelle, permise par le web.

« Il n’y avait pas de sites permettant aux internautes d’agir concrètement pour un projet, intégrant les médias sociaux, soit vous faisiez un don, soit vous faisiez un investissement à but lucratif, il n’y avait rien entre les deux, qui avait cette dimension hybride et cette esprit de souscription, alors on l’a créé. »
Slava Rubin, fondateur d’Indiegogo en 2008

Cela peut nous amenés à se poser une question à laquelle nous essaierons de répondre à travers cette analyse : Le financement participatif est-il un effet de mode, ou peut-il apporter un nouveau souffle dans les différentes branches de l’économie actuelle ?

 

LE FINANCEMENT PARTICIPATIF : ETAT DES LIEUX D’UNE NOUVELLE TENDANCE

 

Le web participatif (ou « social ») et l’éclosion du crowdfunding comme on le connaît aujourd’hui

Petit tour d’horizon :

Le développement du web, adossé aux progrès technologiques qui permettent la démocratisation et la massification de l’utilisation d’Internet, a engendré de nouveaux usages et de nouveaux comportements sociaux. Cavazza l’explique ainsi :

« Le web est donc l’outil et le médium, l’utilisateur en devient le scénariste et le réalisateur. Social et centré sur l’utilisateur, le web se rebaptise 2.0 » (Cavazza 2011).

L’usager se met alors à produire du contenu et à le rendre disponible en ligne au même titre que les professionnels, qui étaient jusqu’alors les seuls à agrémenter les pages consultées par le public. Et c’est grâce à cette évolution que les utilisateurs ont pu se regrouper autour de centres d’intérêt communs, en discuter puis, assez naturellement, ils furent capables de s’organiser pour les financer. Enfin selon Ricordeau (2013), le crowdfunding serait bel et bien le rejeton du web social.

Si aujourd’hui nous assistons à la multiplication des plates-formes de crowdfunding permettant de diffuser mondialement des collectes de fonds à très grande échelle, c’est grâce aux pionniers de cette nouvelle tendance qui ont su capter et préfigurer le pouvoir et la puissance qui émaneraient du réseautage et de l’union des communautés. D’ailleurs, les pionniers du crowdfunding tels que, Kiva (2005), Sellaband (2006), Lendingclub (2006), Indiegogo (2008), Kickstarter (2009), KissKissbankbank (2009), ont été fondés peu de temps après l’avènement d’autres plates-formes comme Wikipédia (2001), Myspace (2003), Facebook (2004) ou encore Twitter (2006).

Les deux grandes familles de plates-formes de crowdfunding

Pour mieux comprendre ces plates-formes, il est utile de passer en revue les deux grandes familles existantes : les non-spéculatives et les spéculatives. Pour cela nous nous appuierons sur l’étude du CerPhi (Centre d’étude et de Recherche sur la Philanthropie).

1. Les plates-formes non-spéculatives

 

Les motivations de ces plates-formes sont la créativité, l’empathie et le partage. Elles fonctionnent sur trois modèles : le don sans contreparties, le don contre don (ou contreparties en nature) et enfin les prêts solidaires.

 

Le don sans contreparties :

 

C’est par cette formule que le crowdfunding a commencé. En 2010, il représentait 90% des opérations. En 2013 sa part se situe autour de 55%, quasiment rattrapé par la formule « prêts ».

Ici le créateur de projet, individuel ou institutionnel, demande la participation du public sous forme de dons pour financer son initiative. Les porteurs de projets sont souvent des organisations non-gouvernementales (ONG) et des associations caritatives. L’anglais Razoo, ou les américains Justgiving et United Donations sont les principales plates-formes.

Aujourd’hui, ce modèle qui détient la part de marché la plus importante est un des principaux acteurs de la croissance du crowdfunding.

Le don moyennant des contreparties en natures :

Dans ce cas, les créateurs de projets font toujours appel aux dons, mais ils rétribuent leurs donateurs par le biais de contreparties en nature, liées au projet. Ces contreparties augmentent en corrélation avec le don. C’est la catégorie qui a la préférence des médias.

Ce modèle, qui suscite davantage l’intérêt des individus que des associations ou des ONG, donne lieu à des récits de collectes « grand public » et sont donc régulièrement relayées par la presse. Ces plates-formes permettent notamment à tous les secteurs culturels et artistiques de financer des milliers de projets (films, concerts, expositions, design, reportages, documentaires, livres, jeux vidéo…), ainsi que des gadgets technologiques high-tech.

Ce secteur a collecté 384 millions de dollars en 2012. Depuis, il ne fait que croître grâce à sa popularité et sa capacité à toucher tous types de créateurs. Parmi les leaders, on peut citer les français, Kisskissbankbank et Ulule.

Les prêts solidaires de pairs à pairs (ou peer to peer) :

Il s’agit de prêts accordés par des personnes physiques, sans taux d’intérêt. C’est un des premiers segments à avoir émergé. On le range également dans le secteur de la micro-finance. La plupart du temps, il s’agit de micro-prêts accordés par des individus habitant les pays occidentaux à des personnes vivant dans les pays du sud, souvent des micros-entrepreneurs. Pour les plus connus, on peut citer la plate-forme californienne Kiva ou Babyloan.

Ces plates-formes caritatives permettent l’émergence de milliers de projets dans les pays pauvres ou en voie de développement. Sans remettre en cause l’utilité de ce modèle, il faut néanmoins souligner que certaines de ces plates-formes alimentent une pratique peu glorieuse qui consiste pour des instituts de micro-finance issus des pays pauvres à se refinancer eux-mêmes grâce à l’argent « crowdfundé » dans les pays pauvres.

2. Les plates-formes spéculatives

 

Contribution avec contreparties numéraires (ou versement de royalties) : 

Ici, les pairs qui investissent financièrement dans les projets deviennent des « coproducteurs » et obtiennent à ce titre le droit de percevoir des royalties associées au projet qu’ils ont produit. Ce modèle offre effectivement aux « producteurs » la possibilité de récupérer leur mise initiale, voire de gagner plus. Le retour sur investissement devient donc un argument commercial pour ces plates-formes spéculatives. La première du genre, créée en 2006 et dédiée aux musiciens, est la plate-forme allemande Sellaband. MyMajorCompany, créée en France en 2007 par Michael Goldman lui a emboîté le pas. Elle affirme avoir soutenu 42 000 projets à hauteur de 14 millions d’euros. Depuis il en existe beaucoup d’autres. On peut les désigner comme labels participatifs ou éditeurs participatifs.

Ces modèles reposent toutefois sur un problème majeur : le niveau de transparence des comptes fournis aux internautes et présentant le calcul des royalties. Un article sur « Le Point » (2013), fait état de l’existence d’un groupe Facebook appelé « MyMajorCompany, tes producteurs sont mécontents et cela va se savoir ». Suite à un grand nombre de dols (manœuvres frauduleuses qui vise à obtenir l’engagement de quelqu’un) lié aux problèmes de cette opacité de l’information, des producteurs mécontents échangent leur témoignage et leur suspicion quant aux pratiques de MyMajorCompany. Le problème le plus souvent soulevé est le flou autour de l’articulation des dépenses de la jauge « crowdfundé ».  Selon Ricordeau (2013) c’est d’ailleurs le modèle le plus contestable.

 

Le prêt entre particuliers avec taux d’intérêt (peer to peer lending) :

Dans ce modèle, la plate-forme intervient en tant qu’intermédiaire entre des particuliers qui d’un côté ont besoin d’un prêt pour réaliser un projet entrepreneurial ou personnel et, de l’autre, sont prêts à allouer leurs épargnes disponibles sous forme de prêts rémunérés.

Prêt d’union en France, met en relation des particuliers, Spear finance des entreprises solidaires et Babyloan s’est spécialisé dans le microcrédit. Tous ont un point commun : ils se posent en alternative à l’épargne classique du secteur bancaire. La plupart offre une rémunération aux particuliers en contrepartie de leur prêt. Les emprunteurs quant à eux bénéficient d’un taux plus favorables que celui proposé par les banques.

C’est ce modèle qui a le plus contribué à l’accélération et au dynamisme du crowdfunding.

 

Investissement contre prise de participations (equity based crowdfunding) :

Il s’agit de plates-formes qui s’intéressent au financement de la création ou de la croissance entrepreneuriale. Ces plates-formes donnent accès au plus grand nombre à l’investissement dans les petites et moyennes entreprises. Ce segment est le dernier-né, les premières plates-formes datant de 2010.

On a dans cette catégorie Wiseed en France ou Cofundit en Suisse. Ici, l’investisseur récupère des parts de la société dans laquelle il investit et qui lui donnent donc droit à un potentiel retour financier. On peut l’entendre comme une prise de participation directe au capital des entreprises concernées.

Le développement de ce type de formules a été freiné par une législation contraignante en France, en particulier du fait de la réglementation de la pratique du prêt avec intérêt. C’est donc sous la pression des acteurs du secteur et de l’ampleur du mouvement que l’exécutif s’est vu dans l’obligation de revoir le cadre législatif, lors de la première « Assises du financement participatif »  qui s’est tenue le 30 septembre 2013. On peut désormais consentir à des prêts rémunérés, donc percevoir des intérêts, à d’autres personnes physiques ou à une personne morale (entreprise, association), sous réserve que les opérations soient réalisées dans le cadre d’un financement regroupant au moins 20 participants.

Après ce tour d’horizon des différents modèles de crowdfunding qui nous a permis de constater que l’économie participative évolue très rapidement, que le crowdfunding se diversifie et mûrit, nous analyserons, dans le prochain article, les chiffres de cette économie.

Si vous avez déjà fait un campagne de crowdfunding, n’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires en nous indiquant la famille de plateforme avec laquelle à fonctionné votre plateforme 🙂

Source : Good morning crowdfunding

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Analyse utile d’un court-métrage (part 2) http://apprendre-le-cinema.fr/analyse-utile-dun-court-metrage-2/ http://apprendre-le-cinema.fr/analyse-utile-dun-court-metrage-2/#comments Wed, 14 Dec 2016 17:09:12 +0000 http://apprendre-le-cinema.fr/?p=6988 Vous faites des courts-métrages, mais ne savez-pas toujours ce qu’il serait bien d’y mettre ? Quelles lumières ? Quels plans ? La meilleure solution pour trancher est bien évidemment d’étudier d’autres courts-métrages. En réfléchissant à la manière dont le réalisateur a pensé puis mis en pratique ses idées. Pour cela, nous allons aujourd’hui étudier ensemble un court-métrage. Nous […]

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Vous faites des courts-métrages, mais ne savez-pas toujours ce qu’il serait bien d’y mettre ? Quelles lumières ? Quels plans ? La meilleure solution pour trancher est bien évidemment d’étudier d’autres courts-métrages. En réfléchissant à la manière dont le réalisateur a pensé puis mis en pratique ses idées. Pour cela, nous allons aujourd’hui étudier ensemble un court-métrage.

Nous avons déjà vu dans l’article précédent comment la lumière et le choix des couleurs pouvaient participer à établir l’ambiance d’un court-métrage et nous avons surtout vu qu’il était très facile artistiquement parlant de se fixer sur ces choix.

Dans cet article, nous allons nous intéresser à la mise en scène et au découpage du court-métrage « L’Accordeur de pianos » d’Olivier Treiner. Je vous invite avant tout à voir ou revoir le court- métrage.

l’Accordeur (The Piano Tuner) – Olivier Treiner from Raphaël Treiner / SHERIFF on Vimeo.

L’art de la mise en scène : Montrer sans dire

Il existe une règle implicite pour un réalisateur qui peut se définir comme « Ne dit pas, montre ». Cette règle est d’autant plus importante qu’elle s’applique avant tout à la mise en scène. Un des moyens de bien se rendre compte de l’efficacité d’une mise en scène, c’est de visionner un film sans son et de voir si le ressenti face au film est le même et surtout si la narration fonctionne malgré tout. En tant que réalisateur, et non en tant que scénariste, vous devez aussi délaisser les paroles pour vous concentrer sur le cadre et la mise en scène.

sueur-good

Revenons sur une succession de plans dont nous avons déjà traité, à savoir la transition entre la scène d’évaluation au conservatoire au milieu du film et la scène où l’Accordeur déprime d’avoir raté cet examen. Nous avions dit que le fait d’avoir un personnage suant et avec une lumière éclairant un seul côté de son visage permettait de sentir immédiatement le stress du personnage. Le choc du changement de couleur, jaune vers bleu, sur le plan suivant permettait de deviner que les choses s’étaient mal passées.

 

depression-bleue

 

La position de l’Accordeur sur son coussin suggère aussi qu’il a « tourné le dos » littéralement à sa passion, mais que cela le pèse aussi. L’image du clavier sur le coussin prend une grande partie du cadre. C’est tout du moins une interprétation possible de cette image. La prise de vue en totale plongée suggère la chute et la position allongée du personnage suggère elle la difficulté de tenir debout et donc de continuer à avancer.

depression-bleue2

La présence du poisson est, elle aussi, intéressante. Le poisson est souvent associé à l’idée de tourner en rond, mais aussi à la notion d’emprisonnement et à la passivité. La solitude est imagée par la personne en arrière plan qui s’en va, car elle souhaite continuer à avancé. Nous avons là tous les ingrédients de la dépression, et cela, uniquement grâce à l’organisation visuelle de deux plans.

Voilà donc un conseil à suivre. Si vous souhaitez retransmettre quelque chose en particulier dans une scène, dans notre cas la dépression, mais prenons par exemple la joie. Dans le cas de la joie, le monde paraîtra plus beau, harmonieux, vous serez souriant, etc … Convertir ça à l’image est alors essentiel mais aussi naturel. Si le monde est plus beau, alors les couleurs seront plus vives et plus agréables. L’harmonie peut être symbolisée par un agencement du cadre qui respire avec des lignes de fuites très ouvertes. Ce ne sont que des propositions.

Thèmes abordés

Ceci dit intéressons-nous à l’un des thèmes principaux abordés : la non-voyance. En audiovisuel, ce sujet est un sujet en or. Pourquoi ? Eh bien parce que le cinéma et l’audiovisuel se définissent par la notion de voyance. Que doit-on montrer ou ne pas montrer et comment le montrer ? Le réalisateur s’en donne alors à cœur joie en utilisant toutes les astuces de cadrages pour jouer sur cet aspect :

L’omission pure et simple de la vision avec la voix off de L’accordeur au serveur, le hors champ avec le baiser de la danseuse, le recouvrement avec le plan du cadre en caleçon, et même le flou avec la scène de la danseuse.

Pourtant, allez-vous me dire, l’accordeur n’est PAS aveugle et c’est justement ça le sujet du film. En effet, le fait de jouer sur la non-voyance créée ici une forme d’ironie dramatique. C’est d’ailleurs là tout l’enjeu du court-métrage, l’ironie de sa situation. A tel point que l’accordeur doit finir par se convaincre lui-même qu’il est aveugle s’il veut pouvoir vivre. En ces termes, le scénario et la réalisation sont totalement complémentaires puisse qu’ils mettent tous les deux en place cette ironie. Le scénario et la réalisation veulent montrer la même chose.

Pour aller plus loin, on pourrait même dire que les premières et dernières scènes du film sont centrées sur la non-voyance. Le fait de voir devient une malédiction si bien que l’accordeur finisse par devenir littéralement aveugle. Lorsque le réalisateur nous montre l’intérieur du piano, il souhaite en réalité nous faire entendre ce qu’entend l’accordeur et l’image mentale qu’il se fait, mais à aucun moment ce qu’il voit. Le dernier plan du film vient ponctuer cette généralité en montrant un miroir à la fois reflet de la situation et inversement des rôles et donc du retournement de cette ironie contre l’Accordeur. Peut-être serait-il même intéressant de s’interroger sur le fait que le miroir soit déformant ?

 

mirroir

 

Il y aurait sans doute encore beaucoup à dire sur ce court-métrage, notamment concernant la musique, le jeu d’acteurs etc … mais c’est dorénavant à vous de faire le travail. L’analyse de courts-métrages est sans nul doute la meilleure façon d’éveiller ses sens à la composition. Donc faites en le plus possible.

 

Rappelez-vous de ce que nous avons appris dans cet article :

  • Un film devrait pouvoir être compris et saisi sans le son.
  • Les thématiques doivent se retransmettre dans le court d’un point de vue graphique.
  • Le scénario et la réalisation transcrivent la même chose, mais sous deux formes différentes et les deux sont indispensables à un bon film.

De nos jours, la réalisation est de plus en plus vide de sens et c’est une énorme erreur, particulièrement chez les amateurs qui souhaitent en faire leurs métiers. Ce n’est pas simplement pour des considérations techniques que le storyboard existe, c’est aussi et avant tout pour donner un sens à ces images avant de les mettre sur pellicules. Ainsi, elles sont travaillées et signifiantes. Je vous recommande de ne jamais vous en passer, surtout si c’est parce que vous pensez avoir « tout dans la tête ». Car bien souvent, c’est une excuse pour un peu de fainéantise. Et la fainéantise ne fait jamais de bons films !

Arnaud

 

 

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