Bonjour à tous.

Je suis ravi de vous présenter la seconde partie de l’article « la composition d’une image au cinéma« .

Le sens de lecture de l’humain

Plusieurs études scientifiques affirment que les individus d’une même culture ont le même sens de lecture.

Voici le sens de lecture des personnes ayant une culture occidentale :

lecture-z

Ainsi, nous balayons rapidement une image en formant une sorte de « Z ». Ce balayage agit comme un reflex sans que nous nous en apercevions.

 

Biaiser le sens de lecture

Néanmoins, ce sens de lecture dite classique n’est pas imparable. En effet, l’oeil humain peut être attiré par des choix de composition. C’est là que le peintre, le photographe ou le cinéaste interviennent.

Ainsi, il existe des choses qui, si elles sont judicieusement placées, attirerent l’oeil en premier.

L’oeil humain sera en effet instantanément attiré par diverses formes, zones de lumière ou lignes que vous pouvez créer dans vos images à l’aide de procédés plastiques.

L’oeil humain aura tendance à être plus attiré par :

Le mouvement dans une image fixe

 

 

Le visage et le regard

Le visage et le regard

Notre regard se positionne d’abord du côté droit car nous voyons un visage.

Jean Dujardin, dans OSS 117 – Le Caire : nid d’espions de Michel Hazanavicius.

Les contrastes

Les contraste de couleur

Cary Grant, dans La Mort aux trousses de Alfred Hitchcock.

Les contrastes de forme

Contraste de formes : l’instructeur Hartman avec son chapeau ressort par rapport à la ligne des soldats aux crânes rasés.

R. Lee Ermey, dans Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.

La profondeur de champ

Notre regard a l’habitude de poser sur les personnages, objets ou formes au premier plan avant de se tourner vers ceux de l’arrière-plan.

 

La profondeur des champs

Nous voyons d’abord Russell Crowe (et non pas Ridley Scott ;)) avant que notre regard file au fond à droite. Le comptoir dessine d’ailleurs une ligne de fuite

Russell Crowe et Christian Bale, dans 3h10 pour Yuma de James Mangold.

Répétition de couleurs

Une répétition de formes ou de couleurs peut également faire office de ligne de fuite.

Barry Lyndon, Stanley Kubrick.

 

Conclusion

Au final, vous pouvez ainsi créer vous-même le sens de lecture voulu en mettant des éléments plus ou moins en avant pour ainsi donner un contexte et un signification à votre image.

Jeux d'ombres

John C. Reilly, dans Magnolia de Paul Thomas Anderson.

Dans cette image, nous sommes d’abord attirés par la forme humaine puis par la croix qui a la même couleur que la veste. L’ombre divise l’image en deux, ce qui permet d’insister sur le héros et la croix. Ainsi, on voit l’importance de la religion pour le personnage.

cadrage

Daniel Day-Lewis, dans There will be blood de Paul Thomas Anderson.

Vous pouvez remarquer ici que le personnage et le feu sont placés sur les lignes de forces verticales. Le fait que nous voyons le personnage de dos (et donc non ses yeux) et le lien de couleur qui se créé entre lui et la fumée de l’incendie établi une certaine aura diabolique.

Profondeur de champ

Steve Buscemi, dans Fargo des frères Coen.

Au premier plan, notre regard se dirige sur le personnage et en particulier sur son visage ensanglanté et la valise. Puis, nos yeux se tournent vers la barrière, autre élément ressortant dans ce décor vide. Cette image nous fait comprendre que le personnage, égaré au milieu de nulle part, se trouve dans une impasse.

Précisons quand même que le sens d’une image est une somme de plusieurs choix de mise en scène et que les règles que vous pouvez lire dans cet article peuvent être contrées par d’autres procédés.

Je serai une fois de plus ravi de lire et réagir à vos commentaires, donc n’hésitez pas à vous exprimer ;).

Accédez à la dernière partie de l’article : la composition de l’image partie III

Romain

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