Ce billet vous est proposé par Tiphaine professionnel du son qui nous présente le métier de perchman

Il faut savoir que l’étendue du métier de perchman (ou « perchiste » parfois) se nuance en fonction du style et des moyens de tournage (court métrage, moyen métrage, long métrage, reportage, documentaire).

Globalement, plus on se dirige vers une grosse production en terme de budget, et plus on dissocie le rôle de « perchman » en technique et celui de « chef opérateur du son » en techniques et artistique. Si dans beaucoup de reportages on rencontre un preneur de son polyvalent (tant à la perche qu’au mix), une mise en scène plus complexe imposera d’elle-même d’avoir un opérateur du son au mix et un perchman dissocié, ou plus. Sur les grosses productions, le chef opérateur du son gère la technique en respectant les contraintes artistiques, et décide des méthodes de prises de son à entreprendre, en collaboration plus ou moins étroite avec son perchman qui, lui, gère la prise de son techniquement.

Le terme d’ « assistant son » peut être employé pour distinguer cette prise de décision artistique / technique, néanmoins il faut garder en tête que le métier de perchman est un métier à part entière et non une étape, avec des objectifs et moyens différents du métier d’opérateur du son, même si il peut être un moyen d’y parvenir pour certains. Un opérateur du son en tournage, à l’inverse, passe évidemment et quasi systématiquement par l’apprentissage des techniques de perche avant d’en arriver là. On peut par exemple faire un comparatif avec le métier d’assistant réalisateur : certes, ce dernier suit les contraintes du réalisateur dans la hiérarchie de la production, mais il a des objectifs tout à fait différents, bien plus souvent techniques qu’artistiques.

Le perchman, par ailleurs, peut avoir un second, appelé « adjoint » ou « deuxième perche » (ou plus). Ce dernier, suivant la logique technique, gère les consommables et les placements HF notamment, mais peut également percher en complément de la perche principale.

S’imaginer le rendu sonore et percher en conséquence

Les micros (technologie et directivité) se choisissent en fonction de différents éléments à prendre en compte lors des repérages techniques, lorsque cela est bien évidemment possible : en intérieur, en extérieur, en studio, de jour ou de nuit, le type d’ambiance sonore du décor, plutôt isolé, réverbéré, bruyant, etc. et en fonction du type d’éléments à percher (niveaux des ambiances, voix fébriles ou vives, dialogues plus ou moins rapides dans leur enchaînement).

Si le choix des micros dépend des caractéristiques acoustiques à prendre en compte, la technique de prise de son direct elle-même a toute son importance.

Pour percher, il faut savoir se faire discret, trouver le lieu optimal permettant une prise de son de qualité maximale tout en n’étant pas visible à l’image. Ceci implique donc une bonne gestion visuelle de l’espace et une estimation du type de cadres à l’image afin de ne pas être visible à l’écran. Si les bords-cadres se définissent plus aisément, les ombres et reflets sont des difficultés qui viennent s’ajouter aux contraintes techniques.

La fluidité des mouvements est primordiale, il faut éviter les a coups au maximum qui, d’une part pourrait se faire entendre et d’autre part, nuisent à la discrétion de rigueur pour un perchman.

Le perchman doit pouvoir s’adapter rapidement aux situations qu’il rencontre, pour faire des choix de prise de son judicieux et qui s’accordent à la réalité du terrain, bien souvent dans un temps défini.

Il faut donc savoir être discret, en corrélation avec l’image, effectuer un rendu défini en faisant fi des contraintes techniques elles-mêmes et des difficultés de décors, d’ambiances, de placements et de parallaxe, et être efficace le plus rapidement possible, dans l’intérêt final du rendu sonore.

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