SECAM, PAL & NTSC

Historiquement, il existe 3 standards de codages analogiques de la vidéo en couleurs : le NTSC , le PAL et le SECAM.

Précisons qu’il s’agit là de standards pour la télévision, complètement différents des standards du cinéma.

Lancé en 1953 aux Etats-Unis, le codage NTSC s’est essentiellement imposé en Amérique du Nord et au Japon. Le standard SECAM, inventé en 1967 par un français, était voué à pallier les plus gros défauts du NTSC. Il fut exploité principalement en France, dans les Pays de l’Est, dans une partie de l’Afrique et au moyen Orient. Handicapé par plusieurs facteurs économiques, politiques et techniques, il fut remplacé par le standard PAL, considéré comme un intermédiaire plus avantageux entre le NTSC et le SECAM.

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Cette carte -un peu vieille- montre l’exploitation de ces standards à travers le monde. Aujourd’hui, on peut considérer que la norme SECAM fait définitivement partie du passé, puisqu’elle n’est plus utilisée.

Même si le passage à la télévision numérique terrestre a signé l’arrêt de mort de ces standards (qui, je le rappelle, étaient destinés à la diffusion hertzienne), on considère toujours abusivement que le monde se scinde en deux zones : la zone PAL et la zone NTSC.

En fait, il s’agit d’un amalgame avec les fréquences d’image par seconde (25 pour le PAL, 30 pour le NTSC), originellement liées à la fréquence de rafraîchissement de la télévision, et donc du courant électrique des régions dans lesquelles les standards étaient implantés (50Hz en France contre 60Hz aux Etats-Unis).

De fait, on associe aujourd’hui la zone à sa cadence d’image par seconde (ips) :

PAL 25ips / NTSC 60ips.

 

Il vous est peut être déjà arrivé de voir notée l’indication 1080p25 ou 1080i50.

Ces chiffres vous donnent trois informations sur vos réglages d’enregistrement :

 

1)   La résolution de votre vidéo. Actuellement, les deux résolutions vidéo 16/9 les plus répandues sont la HD (1280 pixels de large par 720 pixels de haut) et la Full-HD (1920 pixels de large par 1080 pixels de haut).

720p25 indiquera donc que votre vidéo est en HD, soit 1280×720 pixels.

2)   La fréquence d’image. Selon que vous êtes en zone PAL ou NTSC, la fréquence d’image standard sera soit de 25 images par seconde, soit de 30.

De la même manière, s’il s’agit d’un multiple de 25, cela signifie que vous êtes en zone PAL, tandis que si c’est un multiple de 30, c’est que vous êtes passé du côté NTSC de la Force.

3)   Le mode d’affichage, qui peut être progressif (p), ou entrelacé (i).

 

PROGRESSIF vs ENTRELACÉ

 

Il s’agit de deux modes de balayage destinés à l’affichage de l’image vidéo. L’entrelacé est historiquement le plus vieux, puisqu’il a été inventé pour la télévision cathodique.

Mais pour mieux les comprendre, penchons-nous sur ce qui les différencie.

 

ENTRELACÉ

A l’époque où les écrans de téléviseurs étaient encore à balayage, c’est-à-dire composés d’un canon à électrons parcourant l’écran de haut en bas et de gauche à droite, les luminophores bombardés d’électrons avaient tendance à perdre de leur intensité au cours du temps.

Ceux qui étaient touchés par le faisceau lumineux au début de l’affichage de l’image (en haut de l’écran) étaient donc moins lumineux que ceux touchés à la fin de l’affichage de l’image en bas de l’écran. L’apparition d’une nouvelle image provoquait un effet de scintillement, puisque les luminophores supérieurs étaient de nouveau bombardés à pleine puissance, et reprenaient leur intensité maximale.

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L’apparition du balayage entrelacé a permis de résoudre ce problème. En effet, « entrelacer » une image équivaut à la découper deux « demi-images » appelées trames. Ce découpage s’effectue par ligne ; toutes les lignes paires forment une demi-image, tandis que toutes les lignes impaires forment la seconde moitié de cette image.

Ainsi, le téléviseur affiche une trame par balayage.

Lorsqu’il affiche la seconde trame, la différence de contraste se fait avec les photophores des lignes précédentes et suivantes, et non avec le haut et le bas du téléviseur. Or, comme ces lignes sont très petites, l’œil fait automatiquement « la moyenne » des deux luminosités et l’on ne perçoit pas la différence ; le scintillement est annulé.

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Par ailleurs, on affiche 50 demi-images par seconde, c’est-à-dire 50 images entrelacées. D’où la dénomination 50i pour interlaced (entrelacé en anglais).

Notez bien que le mode de balayage est complètement indépendant du standard de diffusion couleur PAL/NTSC (et SECAM), et qu’il n’a aucune influence sur le débit du flux vidéo.

Avec l’arrivée des écrans plats (n’ayant plus de canon à électrons), le balayage entrelacé disparaît petit à petit des systèmes de diffusion. Il reste toutefois le standard de diffusion télé SD, ce qui explique que vous pouvez encore trouver cette option sur beaucoup de systèmes d’enregistrement vidéo (caméras et DSLR).

Réfléchissez donc bien à la finalité de votre diffusion avant de sélectionner votre mode d’enregistrement. Car s’il s’agit de diffuser votre vidéo sur Internet ou sur votre écran plat de salon, vous avez tout intérêt à choisir le mode progressif.

 

LE PROGRESSIF

Ce mode n’utilise pas de demi-image, mais des images pleines, affichées en une seule fois. C’est le mode le plus répandu de nos jours, car il est parfaitement adapté aux écrans plats.

De plus, afficher une image progressive présente plusieurs avantages. Le premier concerne la résolution perçue ; au lieu d’avoir une trame lumineuse insérée entre deux trames de moindre intensité, l’ensemble de l’image possède la même luminosité, ce qui permet à l’œil de mieux percevoir les détails.

Le second est en rapport avec la stabilité des images, car le désentrelacement sur un écran non-adapté provoque l’apparition d’un artefact visuel que vous avez sans doute déjà du croiser :

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A noter que certaines caméras proposent de doubler, tripler, quadrupler, etc. la cadence d’image.

Cela vous servira essentiellement à faire de beaux ralentis, car si par exemple vous enregistrez une seconde de vidéo à 50p (50 images progressives, donc), le fichier sera lu à 25p. Pour pouvoir afficher toutes les images enregistrées, le temps de lecture sera doublé. Votre vidéo d’une seconde sera lue en deux secondes, et donc ralentie d’une facteur 2. Imaginez quand vous filmez à 120 images/s !

En revanche, vous pouvez forcer la lecture à 50 images par seconde. Vous retrouverez alors une vitesse de mouvement « normale », mais vous constaterez une sorte de fluidité inhabituelle. Cela peut-être un effet esthétique, comme l’a choisit Peter Jackson avec le Hobbit.

 

Quant au 24p, c’est une cadence uniquement utilisée au cinéma.

Mais ce sera pour une prochaine fois !

Le partage c'est la vie ! 😉

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