Bonjour à tous !

Le Festival de Cannes ouvrait ses portes il y un peu plus un mois: c’est l’occasion de dresser un bilan de cette 65e édition.

Tout d’abord, parlons du palmarès: n’ayant pu voir que 2 films de la Sélection cette année, je ne suis pas en mesure de porter un jugement personnel sur les choix du Jury 🙂 Néanmoins, à ce que j’ai pu entendre, la plupart des festivaliers sont heureux de la Palme d’Or pour « Amour », le film de Michael Haneke. Une 2e Palme en 3 ans pour le réalisateur autrichien (après celle pour “Le Ruban Blanc” en 2009): c’est un record, et aussi une occasion de rendre hommage à sa carrière remplie d’oeuvres « exigeantes » (terme certes galvaudé :), souvent provocatrices mais toujours stimulantes.

« Amour », c’est l’histoire de Georges et Anne (les héros chez Haneke se prénomment presque toujours ainsi), ils sont octogénaires et vont faire face à la maladie de l’un d’entre eux. Sujet à tendance lacrymale pour ce quasi huis-clos, mais interprété avec subtilité et qui a visiblement ému beaucoup de monde sur la Croisette.

Le reste du palmarès a beaucoup surpris: 2e Grand Prix pour le réalisateur italien Matteo Garrone, 4 ans après l’étourdissant « Gomorra ». Cette fois, il gagne pour « Reality », une satire de la télé-réalité, où le héros est près à tout pour passer dans une de ces émissions. L’oeuvre fut bien accueillie, mais peu de journalistes pronostiquèrent une telle récompense pour le film.

Nouvelle surprise avec le Prix du Jury pour Ken Loach et sa comédie « La Part des Anges ». Là aussi, les critiques étaient loin d’être dithyrambiques.

Plus prévisible: un autre vainqueur du palmarès fut « Au-delà des collines », par le réalisateur roumain Cristian Mungiu, palmedorisé en 2007 avec l’incroyable « 4 mois, 3 semaines et 2 jours ». Si l’on en croit les extraits et critiques en ligne, ce nouveau film se situe clairement dans la veine de « 4 mois… », puisqu’on retrouve là aussi deux jeunes héroïnes qui luttent clandestinement contre un système oppresseur (ici, il s’agit de deux nonnes au sein de leur couvent). Meilleur scénario et meilleure actrice ex-aequo.

Pour le meilleur acteur, c’est Mads Mikkelsen qui l’a emporté pour « La Chasse » de Thomas Vinterberg.

Ils l’ont dit en conférence de presse: les membres du Jury se sont déchirés sur 3 oeuvres déroutantes: « Holy Motors », « Paradis: Amour » et « Post Tenebras Lux ». Au final, c’est ce dernier qui a été récompensé (par un prix de la mise en scène), laissant les autres sur le bord de la route. Dommage pour Leos Carax dont le « Holy Motors » avait secoué la Croisette, en milieu de Festival.

 

Que retenir de ces choix ?

On peut remarquer que tousles lauréats ont déjà été récompensés en Compétition par le passé (à l’exception des comédiens, mais leurs réalisateurs, eux, ont été récompensés). 2012 ne sera donc pas l’année des surprises.

On peut aussi noter que la délégation US aura fait chou blanc: 5 films quand même, dont le chouchou « Moonrise Kingdom ». Tous les autres n’ont reçu qu’un accueil poli: « Paperboy », « Mud », « Killing Them Softly », « Lawless ». Malgré les apparences, « Cosmopolis » est une co-production franco-canadienne, mais lui aussi repart bredouille. « De rouille et d’os » aura quant à lui gagné le succès public (1,5 million d’entrées), tandis que « Sur la route » finira sous la ligne des 500 000 entrées.

L’absence au palmarès du film d’Alain Resnais (« Vous n’avez encore rien vu ! ») ne me paraît pas si insolente: en dépit de qualités évidentes (interprétation, mise en scène), le film fonctionne surtout comme un hommage. Son concept intrigant (des acteurs jouent leur propre rôle et interprètent des scènes de la pièce « Eurydice ») peine malheureusement à tenir la durée.

Du côté des sélections parallèles, j’ai pu découvrir un film colombien: « La Playa », qui retrace le parcours d’un adolescent à Bogota. Pas de fioritures, ni de sur-dramatisation: une belle surprise qui m’a rappelé l’efficacité et le sens de l’ellipse des frères Dardenne. Le film a trouvé un distributeur en France.

Beaucoup de surprises au Marché du Film, le plus grand du monde: j’ai notamment pu discuter avec une attachée de presse coréenne qui m’a présenté un teaser pour une adaptation de lla saga de Bernard Werber, “Les Fourmis”. A ce que j’ai vu, il ne s’agit pas d’une adaptation du premier roman (c’est d’ailleurs un projet qui me tient à coeur depuis un moment), mais un film d’animation inspiré des différents tomes. Ces premières images évoquent un croisement improbable de « 1001 pattes » et « Le Seigneur des Anneaux ».

Enfin, la plus belle surprise de ce Festival s’appelle « Les Bêtes du Sud Sauvage »: c’est la Caméra d’Or (meilleur premier film). Le film avait déjà fait parler de lui à Sundance. On y suit une petite fille de 6 ans à la recherche de sa mère, au milieu d’un décor post-Katrina peuplé d’animaux fantastiques. Un buzz confirmé pour ce film onirique, dont l’héroïne pourrait bien se retrouver aux Oscars, selon certains sites spécialisés tels Indiewire.

Avez-vous eu l’occasion de découvrir les films de Cannes, en salles ou sur la Croisette ? Y’en a -t-il que vous attendez avec impatience ? N’hésitez pas à commenter.

Arnaud.

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