Il existe des sociétés qui font tous types de productions, mais la plupart d’entre elles sont amenées à se spécialiser. Il existe donc à l’heure actuelle 7 familles de production vidéo, que nous allons détailler dans cet article.

Qu’est-ce qu’une société de production vidéo ? C’est une société qui va produire du contenu vidéo :).

L’univers de la vidéo s’est élargi depuis une vingtaine d’années où il n’y avait que de la pellicule, au tout début du numérique. On ne voyait des vidéos qu’à la télé alors que maintenant Internet est plein de vidéos.

D’un côté, le besoin en vidéos augmente parce qu’on a les supports pour en avoir de plus en plus, de l’autre la fabrication de vidéos est de plus en plus simple et de moins en moins chère. On peut se former facilement sur le web, avoir du matériel de qualité à prix réduit et faire les choses beaucoup plus facilement. Le monde de la vidéo est devenu si large qu’il existe différents types de productions qu’on peut classer par familles. Généralement, une société est spécialisée dans une, voire 2 familles de production. Il existe des sociétés qui font tous types de productions, mais la plupart d’entre elles sont amenées à se spécialiser. Il existe donc à l’heure actuelle  7 différentes familles de production vidéo :

 

1/ La fiction

 

C’est le Graal de tout producteur et toute société de production. Je vous en parlerai dans un prochain article, car la production de fiction est un sujet qui me tiens à coeur, j’aimerai à terme en faire. Actuellement, s’il m’arrive de faire de la fiction cela ne me rapporte rien.

 

2/ La télévision

 

Les sociétés de production qui produisent pour la télévision produisent du « programme de flux ». C’est quoi ? Le programme de flux s’oppose au programme de stock, c’est à dire tous les contenus qui sont réutilisables : les fictions mais aussi les documentaires. Par opposition, le programme de flux est un programme qu’on ne peut pas resortir 2 ou 3 ans après : les jeux de plateau (ex/ « Tout le monde veut prendre sa place »), émissions de plateau (ex : TPMP, Quotidien…), les magazines, la télé-réalité, le sport, les journaux (même s’ils sont souvent produits en interne par las chaînes de télé). C’est un domaine assez fermé, il faut déjà avoir un réseau à l’intérieur de la télé pour créer une société de production qui va vendre des programmes aux chaînes de télé. Beaucoup de sociétés de production sont tenues par les animateurs eux-mêmes. Cyril Hanouna par exemple a sa boîte de prod, Yann Barthès aussi… Pour la culture, la société de production la plus connues est Endemol qui produit Secret Story.

 

3/ Le documentaire

 

Il ressemble un peu à la fiction dans le mécanisme de financement. Le budget est en revanche différent (minimum 1 M pour une fiction, un peu moins pour les séries) il est de l’ordre de 100 000 à 200 000 euros.

La plupart des documentaires sont directement diffusés à la télé sans passer par le cinéma. Il est assez rare d’avoir des documentaires en salle, cela arrive parfois pour des documentaires qui sont passés sur Arte, dans des magazines. Encore plus qu’en fiction, les chaînes de télé sont les poumons économiques de ce type de productions.   

4/ La Publicité

 

C’est un secteur dans lequel il y a beaucoup d’argent (même s’il y en a moins qu’il y a quelques années). C’est un genre qui commence à 1000 euros minimum la minute pour une publicité de qualité médiocre destinée au web et qui peut atteindre 50 000, voire 100 000 euros la minute pour des publicités télévision.

Généralement, ces sociétés ne sont pas en contact direct avec le client mais plutôt avec des agences de communication.

5/ Le clip

 

Attention, ce genre est assez dangereux car il y a peu de moyens et beaucoup d’attentes. 90 % des clips sont autoproduits : l’artiste produit son clip avec ses propres deniers, et non une maison de disques. Du coup, il a tendance à attendre un clip inspiré par une production entre 150 000 et 1 M d’euros de budget, et il va le vouloir à 2000 euros.Il est compliqué, voire impossible de lui fournir un travail à la hauteur de ses attentes. Il vaut mieux ne pas s’enfermer dans ce genre, et il y a souvent peu de budget.

 

6/ Le film institutionnel

 

C’est un genre un peu fourre-tout. Il est venu avec la démocratisation des besoins en vidéos de l’entreprise. À l’heure actuelle, il est important de communiquer par vidéo. Comme la vidéo coûte moins cher à produire, toutes les entreprises peuvent s’offrir de la vidéo. Les clients sont des TPE, des PME ou même des Grands Comptes. Ça peut être du film interne pour une société (pour les Grands Comptes), ou une « carte de visite » vidéo, un petit clip qui présente l’entreprise, une offre ou un événement qu’a fait l’entreprise… Ça peut aussi être du film événementiel, de la captation de conférence, du film marketing pour animer les réseaux sociaux, des portraits, des interviews, du contenu Youtube, des teasers… Les possibilités sont larges.

Les tournages sont souvent faits en équipe réduite, les moyens ne sont pas énormes, on est presque dans de la vidéo « industrielle » mais on n’est pas forcément mal payé.

Exemple : Une journée de tournage payée 1000 euros. En venant à 2 techniciens, un cadreur « réalisateur » (payé 400 euros), avec un assistant (200 euros), on rajoute 200 euros pour le matériel et 200 euros pour la société : cela fait 1000 euros. Tout le monde est relativement bien payé.

Le plus gros budget que j’aie eu était pour 4 minutes de film, payées 8000 euros (tous frais de production inclus : hôtel, déplacement, nourriture…) mais c’était exceptionnel, pour de l’institutionnel « haut de gamme ». Pour 8000 euros,  on me demande plus souvent de filmer une conférence de deux jours. Bien sûr, pour la même somme, les 4 minutes sont plus léchées que les 16 heures de tournage…

Il y a aussi une notion de quantité. Il y a vraiment un côté « industriel » dans la production institutionnelle, même si on peut avoir des petits contrats avec des marques assez haut de gamme. On est presque dans ce qu’on appelle la prestation vidéo.

 

7/ La production de contenu web

 

Ce genre nouveau est arrivé avec les players vidéo, notamment Youtube. Il peut se diviser en 2 familles :

– Les Youtubeurs qui « marchent » bien. Ils vivent de leur contenu, de leurs vidéos gratuites grâce aux abonnés (même si ce ne sont pas vraiment eux qui font vivre le Youtubeur) , grâce à du sponsoring, des partenariats, de la vente de produits… Vivre de sa chaîne est possible, dans ce cas il faut produire du contenu. S’il commence à gagner trop d’argent il va devoir monter sa société, peut-être même engager des personnes et c’est le premier type de contenu simple à comprendre. La popularité ouvre des opportunités qui rapportent de l’argent. Pour entretenir cette popularité, il faut continuer à donner du contenu. Comme on devient un leader d’opinion, on a de plus en plus d’argent. Souvent ce sont des marques qui proposent des partenariats, des opérations. Produire du contenu n’est pas un problème grâce à cet argent. (ex : Norman)

– Les sociétés de production travaillant pour un Youtubeur. (Golden Moustache est un cas particulier parce que c’est une entité, en tant que chaîne, ils rentrent dans le premier cas) Exemple : Seb la Frite avait une société de production pour ses contenus. J’ignore quels sont les accords entre le Youtubeur et la société de production. Le Youtubeur écrit et joue dans ses vidéos mais il ne s’occupe pas de gérer la logistique, d’engager les personnes, de l’image, ni du montage.