Notre dossier sur le crowdfunding (financement participatif), rédigé par Etienne Lunet, spécialiste en crowdfunding et production, touche à sa fin. Nous arrivons donc à la conclusion de cette série d’article.

Si vous n’avez pas consulter les articles précédents à ce sujet, il n’est pas trop tard 🙂 :

1- Le crowdfunding
2- Bien réussir sa campagne
3- Les limites du crowdfunding – 
4- Le court-métrage et le clip dans l’audiovisuel participatif 
5- La websérie et le financement participatif
6 –  Le format long et le financement participatif

Quel avenir pour le crowdfunding ?

Au sein de cette série d’articles, la base du crowdfunding a été explorée, avec ses différents sites et les chiffres les accompagnant, mais également le visage juridique du phénomène, ainsi que ses limites. Il a ensuite été question de la place de l’audiovisuel dans le crowdfunding, en partant des formats courts, pour finir par le long format. À travers ce compte rendu, nous avons abordé les différents cercles communautaires mettant en avant l’importance d’Internet et des réseaux sociaux lors d’une campagne de financement par le public.

Le crowdfunding est un mode de financement à part entière car il donne la possibilité à n’importe qui d’exposer ses idées, et d’en attendre des contributions si elles plaisent. Cependant, dans certains domaines économiques de grande ampleur, tels que le cinéma, il n’y a à ce jour aucune solution qui a été mise en place afin de contenir ce phénomène. L’audiovisuel, notamment le cinéma, est un art complexe, qui nécessite des sommes considérables pour donner de la voix à ses artistes.

Le financement participatif est l’exemple parfait démontrant la puissance d’Internet. Et même s’ils peuvent se montrer comme une vraie force communautaire, les internautes qui se prêtent facilement à la mentalité du don sont encore trop peu. Le crowdfunding est un véritable modèle de notre société actuelle, un environnement connecté permettant de s’ouvrir au monde. En France, les sites de crowdfunding n’ont pas eu la possibilité de mener des projets d’œuvres audiovisuelles professionnelles, demandant des sommes importantes, car la mentalité française est très différente de celle des Etats-Unis. En effet, les internautes français pourraient se sentir offensés qu’une société de production ou une entité importante de l’audiovisuel, qu’ils voient comme ayant un fort pouvoir pécuniaire, puisse demander plusieurs millions d’Euros.

C’est d’ailleurs récemment le cas des artistes JR et Agnès Varda, qui ont fait appel au crowdfunding pour financer un nouveau projet. Le public n’a pas admis qu’un artiste millionnaire puisse faire appel aux internautes pour financer son projet. Pour le moment, le crowdfunding serait donc une option pour permettre aux petits projets d’exister. Pour les projets de grande envergure, l’equity-crowdfunding (ou crowdinvesting) pourrait être une alternative pour être financé par les internautes, qui investiraient alors dans le capital avec un retour sur investissement. L’internaute prendrait directement part au capital de la société de production, celle-ci servant de relai à la production de plusieurs films.

Ce mode de financement basé sur un système financier alternatif, permettrait d’une part la démocratisation du rachat de parts d’une entreprise et, d’autre part, la possibilité pour les sociétés de production de trouver un remède aux difficiles voies d’accès au financement classique.

Ainsi, ce nouveau souffle de financement pourrait devenir une nouvelle source économique pour n’importe quel individu souhaitant avoir un complément de revenus. Cette variante du crowdfuning semble être une véritable solution d’avenir pour l’audiovisuel. Certes, cela demande étude et réflexion car, pour fonctionner, il faut d’abord qu’il soit adopté par les internautes et les sociétés de production. Le crowdinvesting pourrait devenir la suite du financement participatif classique, en passant à un niveau supérieur s’agissant des sommes investies, par la prise de participation à l’économie de marché et aux sociétés de production, des particuliers.

Encore une fois, les Etats-Unis ont une longueur d’avance sur nous, le crowdfunding y est déjà une réelle opportunité pour les films indépendants afin de survivre face aux grands majors de productions. Et l’Amérique commence à se familiariser avec l’equity-crowdfunding, ce qui apportera une nouvelle aura, de nouvelles opportunités et de nouvelles perspectives d’avenir au crowdfunding audiovisuel et cinématographique.

La question que nous pouvons nous poser maintenant est de savoir comment gérer ce nouveau courant, qui avec des bonnes bases d’encadrement, pourrait à terme résoudre bien des problèmes.

N’hésitez pas à partager votre avis avec nous sur ce mode de financement dans les commentaires juste en dessous de l’article 🙂

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